(© P. Bodez)

15e édition du Mondial Air Ballons à Chambley (54)

BURON (© DR)Du 21 au 30 juillet, l’aérodrome de Chambley (54) accueille la 15e édition du Mondial Air Ballons (MAB). La première sous l’ère « Grand Est ». Manifestation populaire, le plus grand rassemblement au monde de montgolfières est aussi un booster de l’économie régionale comme l’explique Philippe Buron Pilâtre, son président fondateur.

Sans entrer dans les détails, quelles sont les principales nouveautés de cette 15e édition ?

Nous tenterons, peut-être, un nouveau record du monde en ligne, sans doute un record du monde des cloud-hoppers (près de 50). Le public pourra découvrir aussi davantage de montgolfières et de ballons avec des formes spectaculaires. D’une manière générale, tout sera plus « grand », au diapason de la nouvelle région Grand Est. Au registre des nouveautés, nous accueillerons également un « LAB » dans le village partenaires où seront présentées les startups de toute la région. De nombreux rendez-vous sont programmés pour évoquer la transformation digitale de la société. Diverses surprises attendent nos publics, à commencer par la présentation d’une toute nouvelle appli.

Mondial Air Ballons et les nouvelles technologies. Comment définir vos relations ?

Elles sont intimes. En 1993, nous avons certainement été dans les tout premiers à disposer d’un site web. Depuis, nous avons régulièrement affiné notre stratégie afin de nous développer sur l’ensemble des réseaux sociaux. Cette année, nous sommes actifs sur 10 d’entre eux. Sur les réseaux sociaux, notre stratégie se veut agile, elle évolue selon l’époque et les diverses cibles. Depuis 2 ans, par exemple, nous entretenons une présence sur notre page Facebook à destination des pilotes du monde entier.

Cette année encore l’accès à la manifestation est gratuit. Pourquoi ce choix de la gratuité ?

L’entrée et le parking sont effectivement offerts tout comme de très nombreuses animations. Depuis 1989, la collectivité régionale, premier partenaire de l’événement, a toujours souhaité, quelles que soient les couleurs politiques, que cette manifestation à la fois sportive et touristique, soit accessible au plus large public.

Avez-vous une idée des retombées économiques générées par le MAB ?

24 millions d’euros à chaque édition, soit plus de 300 millions d’euros depuis le premier rendez-vous en 1989. Le MAB fait partie des 10 plus importantes manifestations en France et se hisse au premier rang, dans le Grand Est. Pour un budget global qui tourne autour de 2,3 millions d’euros, ce sont environ 14 millions d’euros de retombées directes (hôtels, restaurants, visites…) et 10/12 millions de retombées indirectes, notamment sur le plan médiatique, le MAB bénéficiant d’une couverture médiatique mondiale. Plus de 400 journalistes couvrent l’événement. Autres chiffres clés, nous comptons 175 partenaires, 3 000 pilotes et attendons 400 000 visiteurs.

Le Mondial Air Ballons est-il une « affaire rentable » pour son organisateur ?

Si c’était une affaire très rentable cela susciterait des vocations de la part d’éventuels acheteurs de l’événement. Nous avons perdu beaucoup d’argent les premières années. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires permet de payer une équipe de salariés et de dégager un peu de marge pour initier l’édition suivante. Mais comme disent les personnes qui nous aiment bien : « ne vous plaignez pas, vous faites le plus beau métier du monde : faire rêver les gens ».

La prochaine édition est celle du trentenaire. Vous y travaillez déjà ?

Il est important de voir à long terme. Chaque édition nécessite deux ans de préparation. Ce n’est pas toujours simple de convaincre des pilotes du monde entier de venir passer dix jours sur l’aérodrome de Chambley, dans la région Grand Est. Honnêtement, plus les années passent, plus il est compliqué d’organiser de tels événements en France, pour de multiples raisons. Les charges sont de plus en plus lourdes, notamment dans le domaine de la sécurité. L’édition 2019 aura bien lieu et d’autres suivront, c’est certain. Mais, à l’heure d’aujourd’hui, je n’exclus pas organiser le MAB ailleurs en Europe. C’est en tout cas, une option.

Propos recueillis par Fabrice Barbian
Pour tout savoir : www.pilatre-de-rozier