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Le Président de la République parviendra-t-il à obtenir une majorité à l’Assemblée nationale ? La question taraude peut-être plus les états-majors des partis politiques qu’elle n’inquiète vraiment Emmanuel Macron lui-même. Lui, ne semble avoir que peu de doute sur la question. Non pas, par une forme d’angélisme béat, ou d’aplomb digne des bons élèves abonnés aux têtes de classe, ne doutant jamais qu’ils passeront avec succès la prochaine épreuve. Mais avec l’assurance réelle des chefs d’État qui « sentent » le pays et ont une relation personnelle, quasi charnelle, avec « le peuple ». Ils savent, quels liens de confiance réciproque ils se doivent. Ils mesurent, l’un comme l’autre, la promesse qu’ils ont contractée. La Constitution de la Vème  République a sa logique que le corps électoral connaît et saura appliquer parfaitement.

La véritable question est donc peut-être moins, « aura-t-il la majorité ? », que « pourquoi ne l’aurait-il pas ? » En effet, pourquoi, quelques courtes semaines après le triomphe élyséen, subirait-il un revirement électoral ? Il n’y a, objectivement, aucune raison majeure à cela. Le nouveau Président n’a commis aucune erreur depuis sa prise de fonction. Bien au contraire. La preuve que l’on peut être jeune, sans être pour autant néophyte. Il a donné tous les signes rassurants d’une Présidence parfaitement sous contrôle.

La véritable question est donc peut-être moins, « aura-t-il la majorité ? », que « pourquoi ne l’aurait-il pas ? » En effet, pourquoi, quelques courtes semaines après le triomphe élyséen, subirait-il un revirement électoral ?Sous contrôle et dans la visibilité internationale et résolument européenne. Que ce soit au Mali, à la tête et aux côtés des forces militaires françaises, à Bruxelles, devant et au sein de la Commission européenne, ou à l’OTAN, en face et aux côtés des États-Unis et des alliés, « Il » est sur tous les théâtres d’opération. Avec lui, les Français ont instantanément retrouvé la fierté. Celle qu’ils avaient depuis trop longtemps perdue, du fait des « omni présidences » mal assumées des immédiats prédécesseurs du nouveau Président. Emmanuel Macron a réussi, très rapidement, le tour de force d’occuper le paysage médiatique sans lasser et de repositionner, sans ostentation, la France dans le concert international. L’homme a la stature et cela se traduira dans les urnes au moment des législatives.

A fortiori, parce que ces législatives sont menées par un premier Ministre et un gouvernement d’ouverture, qui correspondent aux promesses faites lors de la campagne des présidentielles. Les rodomontades des responsables des autres formations politiques concurrentes n’y changeront rien. Leurs arguments et leurs méthodes viennent d’être ringardisés, au point qu’ils ne savent plus comment s’y prendre, pour donner du fond à leur projet. Quel projet ont-ils d’ailleurs ? Celui, aussi faible qu’exclusif, de retrouver le chemin des bancs de l’Assemblée pour qu’il existe une opposition ? Une opposition à un Président confortablement élu il y a peu ? Le raisonnement est inconsistant et spécieux. Faible programme en tout cas, qui donne l’impression, que l’opposition s’accroche à ses strapontins comme le naufragé aux débris qui flottent dans sa proximité. Même François Baroin a pris un coup de vieux et perdu beaucoup de crédibilité en très peu de temps. Il symbolise ce monde politique du passé, qui a séché sur pied à force de vivre hors sol.

C’est La République en Marche qui donne le ton. Pour un temps, dont on ignore la durée, toutes les autres formations ne feront que du mauvais suivisme. C’est un fait. Gageons que le système majoritaire, en limitant le risque des triangulaires, fera le reste et mènera une majorité de soutiens à Emmanuel Macron sur les bancs du Palais Bourbon. Malgré, ici ou là, dans certaines circonscriptions, d’indubitables erreurs de casting (comme en Moselle notamment) cela n’aura pas d’impact négatif pour un Président qui veille à être irréprochable.

Le service de la République se mérite, Emmanuel Macron le rappelle à toute la classe politique dans son comportement personnel. Il sait que c’est à cette condition que durera la lune de miel avec le pays. Il y veillera sans exclusive et sans états d’âmes. Richard Ferrand, Ministre de la cohésion des territoires, qui se trouve dans la ligne de mire des médias, sera peut-être le premier à en faire l’expérience.