(Photos : © 123RF)
Désignée comme la ville la plus accueillante de Hollande de 2010 à 2012, Bois-le-Duc séduira les amateurs d’architecture et d’histoire. La patrie du peintre de la Renaissance Jérôme Bosch, très présent dans cette cité commerçante, se découvre aussi au fil de l’eau ou en croquant dans son emblématique et délicieux Bossche Bol.

Quand on pense Pays-Bas, on a tendance à répondre Amsterdam. Pourtant, d’autres villes néerlandaises méritent qu’on s’y aventure. Bois-le-Duc par exemple. Dans la langue de Johan Cruyff, il faut dire ‘s-Hertogenbosch, ou encore Den Bosch. L’appellation française est liée à une courte annexion sous Napoléon 1er. Voilà pour la petite histoire.

Fondée au 12e siècle, cette cité commerçante de taille moyenne (environ 150 000 âmes) comblera les amateurs d’histoire et d’architecture. L’enfilade de vieilles demeures étroites qui bordent la Dieze témoigne du charme de la capitale de la province du Brabant-Septentrional. On peut les observer à bord d’un bateau électrique voguant sur les canaux bucoliques, appareil photo à portée de mains. Pour une remontée dans le temps, il faut aller flâner du côté de la vieille ville. Cette dernière a conservé en grande partie sa structure médiévale, avec notamment ses nombreuses venelles tortueuses. Elle compte parmi ses trésors la Grand-Place (un incontournable), où se dresse la statue de Jérôme Bosch, grande fierté locale (lire autre texte), mais aussi sa demeure. Une figure omniprésente qui a eu droit en 2016 à une exposition d’envergure pour souligner les 500 ans de sa mort, avec le concours de divers musées dans le monde, dont le Louvre, qui avaient accepté de prêter quelques œuvres. Pour rester dans les musées, on peut aussi mentionner celui dédié au carnaval, une tradition bien ancrée à Bois-le-Duc, ou encore le Stedelijk Museum’s-Hertogen, consacré pour l’essentiel à l’art contemporain, avec entre autres des toiles de Picasso et Cocteau…

La cathédrale Saint-Jean est un autre monument où s’arrêter. L’imposant édifice gothique de pierres et de briques, bâti entre les 12e et 14e siècles, témoigne de la prospérité de Den Bosch durant le Moyen Âge. Il se distingue par son nombre impressionnant de sculptures (environ 600 !), ce qui est sans équivalent aux Pays-Bas. Le sommet de sa tour est un must pour profiter d’une vue imprenable sur les alentours. Autre point d’intérêt : De Moriaan. Ni plus ni moins la plus vieille maison en briques du pays. Celle qui abrite aujourd’hui l’Office de tourisme composait à l’époque l’ancienne muraille qui ceinturait la cité.

Inutile de préciser qu’à Bois-le-Duc les vélos abondent, nous sommes en Hollande après tout ! Une agréable façon de partir à la conquête de cette ville charmante et charmeuse, avec sa pléthore de cafés, de restaurants et de commerces. Une ville qui laisse parfois un goût très sucré sur la langue. Si vous êtes gourmands, vous croquerez sans hésiter dans le Bossche Boll. Ce gros chou farci de crème fouettée et nappé de chocolat ferait presque de l’ombre à Jérôme Bosch. Sa succulente notoriété a depuis longtemps franchi les frontières néerlandaises, à la faveur du bouche-à-oreille. Pour s’en délecter, c’est pas bien compliqué : prendre la direction de la pâtisserie Jan de Groot. Cette enseigne familiale fondée en 1938 veille religieusement sur la recette de ce délice qu’elle est la seule à pouvoir commercialiser. Autant dire qu’une fois sur place, il ne faut pas tergiverser. Vous n’aurez pas de seconde chance.


LA TENTATION DE JÉRÔME BOSCH

Bois-le-duc Jérôme Bosch (© 123RF)On ne peut pas parler de Renaissance sans citer le nom de Jérôme Bosch. Issu d’une famille de peintres, le Hollandais (1450-1516) aura marqué son époque avec une œuvre inclassable et audacieuse qui continue de fasciner et interpeller. Hypnotique, stupéfiant, hallucinatoire, l’univers mondialement reconnu de cet artiste de génie est truffé de créatures fantastiques et de double sens, et l’on peut passer des heures à se perdre dans ses compositions grouillantes. Il ira même jusqu’à mêler la tentation et les péchés aux scènes bibliques chères au XVe siècle.

Surnommé le « créateur de démons » ou le « peintre du diable », Jheronimus van Aken (de son vrai nom) n’a pas livré tous ses secrets. Les archives sur lui sont rares, et seulement 25 de ses toiles et une vingtaine de ses dessins ont survécu à l’épreuve du temps.
Pour connaître sa vie et son travail, le Centre d’art Jérôme Bosch de Bois-le-Duc est une adresse toute indiquée. L’atelier du peintre a même été reconstitué dans le sous-sol de ce complexe situé dans le cœur médiéval de la ville.

Le primitif flamand a fait de nombreux adeptes de son vivant, beaucoup ayant reproduit ses œuvres. Il a également inspiré plusieurs artistes, à commencer par Salvador Dalí, un des chefs de file du surréalisme. Précisons pour terminer que l’on peut également voir un de ses tableaux les plus célèbres, Le Vagabond, au musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam.