Christophe Choserot est maire PS de la ville de Maxéville (54) depuis les dernières municipales. Ayant pris les clés de la ville à l’UDI Henri Bégorre qui en disposait depuis 1983, il a, immédiatement après sa désignation, commandé un audit des finances de la commune. Ses résultats imposent au nouveau premier magistrat de la ville de mettre en place un « plan anti-dettes ».
Christophe Choserot (© Pascal Bodez)

Christophe Choserot, maire de Maxéville (© Pascal Bodez)

« Nous étions conscients de la situation dans laquelle se trouvait Maxéville, préfère stipuler tout de go Christophe Choserot qui œuvrait auparavant dans l’opposition. Depuis six ans nous alertions régulièrement l’équipe municipale à ce sujet, tout comme la direction régionale des comptes et la direction départementale des finances » assène-t-il encore. Et à cela, il faut encore ajouter que, depuis 2011, les budgets ont été mis sous surveillance de la Préfecture. L’audit, mené par un cabinet indépendant, n’a donc fait que confirmer les dires du maire qui, après avoir joué les Cassandre, se retrouve à jouer les pompiers, car la petite commune de 10 000 âmes accuse 18,7 millions d’euros de dettes d’ici 2028. Une somme d’autant plus colossale que Maxéville est une des communes les plus pauvres de Meurthe-et-Moselle avec un des revenus moyens les plus faibles par habitant et un taux d’emploi faible chez les actifs. En outre, 65% des habitations de la commune sont des logements sociaux, et la ville ne compte sur son territoire que 41% de foyers fiscaux. Ainsi, si l’élu socialiste souhaite sortir sa ville de l’ornière en douceur, il doit mettre en place rapidement un plan pour éviter à Maxéville, désormais une des cinq communes les plus endettées du département, d’être placée sous tutelle du Préfet. Or une telle situation semble inenvisageable pour Christophe Choserot, qui souhaite avant tout éviter à ses administrés une hausse substantielle des impôts – bien que ces derniers soient 50% en dessous du niveau national pour les villes équivalentes-, ce que ne manquerait pas de mettre en place la Préfecture…

Le 17 octobre , date du dernier conseil municipal de Maxéville, l’élu a donc dévoilé son plan d’actions pour parvenir à rembourser 1,7 million d’euros par an avec un budget de 12 millions, cela dans un contexte de diminution des dotations. Le premier poste de dépense amené à fondre comme neige au soleil est celui dédié aux associations : « mon prédécesseur y consacrait 670 000 euros, soit le double de ce que les villes de même taille donnent partout ailleurs » détaille-t-il. Plutôt que de réduire de moitié les enveloppes attribuées à chacun, l’équipe municipale s’attelle à choisir les associations qu’elle continuera de subventionner. « Nous avons décidé de nous concentrer sur les associations dont l’action bénéficiait directement aux maxévillois. Chaque euro dépensé doit servir les administrés. Beaucoup d’actions sont louables mais, simplement, on ne peut plus » a indiqué le maire qui compte ce faisant cesser de donner des subsides aux organisations dévolues à la solidarité internationale et diminuer considérablement les aides apportées au Club de Volley du Grand Nancy qui passeront de 80 000 à moins de 10 000 euros.

« Beaucoup d’actions sont louables mais, simplement, on ne peut plus »

S’il n’est pas question de toucher au budget alloué à la MJC, les transports équestres sont bel et bien révolus. Concernant le TOTEM, qui jusqu’alors percevait un peu moins de 50 000 euros de la Ville, le maire en appelle aux autres financeurs : « nous achèterons probablement quelques spectacles, mais nous ne pouvons rester le premier soutien de la troupe. Pour le lieu, nous lancerons un appel à projets pour en assurer la gestion ». Les dépenses de fonctionnement sont également revues à la baisse entre diminution drastique des frais liés à la fonction passés de 9 000 à 350 euros par trimestre et économies dans tous les services, le maire songe en outre à demander aux élus, « pour montrer leur bonne volonté », de renoncer à un mois d’indemnités.

Reste la raison d’être de ce trou abyssal dans le budget municipal : l’ancienne usine ASAT, achetée en 2003 pour 3 millions par la ville, qui a en coûté 11,3 en réhabilitation et dont le loyer serait sous-évalué de 600 000 euros par an : « nous cherchons un repreneur pour le site que nous vendons 9 millions d’euros ou un euro symbolique si ce dernier s’engage à prendre la dette en charge » explique le maire. À défaut, et bien qu’il y répugne, Christophe Choserot devra se résoudre à augmenter les impôts.