(© Luc Bertau)
Voilà le genre de bonhomme qu’on aime compter dans ses contacts. Son parcours est pétillant comme un film de Robert Lamoureux. Le Ch’ti Rodolphe Langlard, aujourd’hui plus Lorrain qu’un Lorrain, est premier vice-président national de la fédération des Dirigeants Commerciaux de France (DCF) et siège au Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région Grand Est (CESER). Entres autres activités nombreuses…

Son histoire commence dans le Nord. Puis assez vite, Rodolphe et sa famille rallient les côtes de la Lorraine. Il raconte. Sa maman, son papa Marcel, président des supporters de l’ASNL, et son Tube Citroën, l’aventure de la Sanal-Eco, ce légendaire réseau d’épiceries, synonyme d’une époque où l’on ne se souciait guère que de l’essentiel, et sans doute pas des particules que recrachaient les Tubes et les Opel Kadett. « On prenait l’Opel break et on remontait de temps en temps au pays. Je me souviens des chansons que mon père chantait en chti… Et chte bois une bière ».

Rodolphe Langlard est plus qu’un bon vivant, il est l’adepte d’un parler vrai, simple, cordial. Un marchand de bon sens, un terrien dont on sait, à peine l’a t-on entendu, qu’il ne vend pas du vent. Pas fanfaron pour deux ronds quand il parle de la terre, de champs, de fruits, de fleurs, de cette nature lorraine qui a fait de lui un presque paysan. De sa Lorraine adoptive, il en parle comme ça : « ma belle Lorraine ». Rodolphe Langlard est un cas. Déjà à l’armée, à Metz, il se distingue. Pas un bidasse comme les autres, il est chauffeur du Gouverneur. Plus tard, il entre dans la vie active par la porte Maximo, l’entreprise de produits d’épicerie et de surgelés livrés à domicile. Il est VRP. C’est alors qu’il approfondit sa culture lorraine : « J’ai habité dans les quatre départements lorrains ».

Les DCF ? « C’est un lieu de mise en connexion, lieu de partage d’idées et d’expériences. C’est à la fois très professionnel et convivial ».En 1984, retour à Metz et entrée dans l’univers de l’assurance, qu’il n’a jamais quitté depuis. Il intègre MMA. Il est aujourd’hui directeur commercial de l’équipe du « particulier », avec l’agent général José Biondi, sur les deux cabinets messins (dont l’un est classé parmi les dix plus importants de France en termes de placements). MMA, vous connaissez la chanson ? « Zéro tracas, zéro blabla ». L’histoire de ce génial slogan, inventé par un certain Lenormand pour dépoussiérer la vieille image des Mutuelles du Mans, Rodolphe Langlard la connaît sur le bout des doigts. Et pour cause, MMA est sa maîtresse : « J’ai de la chance, mon épouse Philo tolère mes deux maîtresses, MMA et DCF ! ».

MMA, chez les Langlard, c’est une affaire de famille. La dernière de ses trois filles, Maëva, Maureen et Melody, lui fait un jour remarquer : « T’aurais pu m’appeler Audrey ou Aline, ça aurait fait MMA ! ». Ce moment d’égarement mis à part, Rodolphe Langlard a les pieds sur terre. Chef d’entreprise lucide, past président régional (il le fut six ans) et premier vice-président national des Dirigeants Commerciaux de France (DCF), il sait quels sont les enjeux et les contraintes d’une profession complexe : « Longtemps, l’image du commercial a été celle du mec qui met le pied dans la porte. On essaye de changer ça ».

Chez les DCF, pour changer ça durablement, une nouvelle équipe a pris les rênes du réseau, « rajeunie et féminisée », explique Rodolphe Langlard, qui aime rappeler ce qu’il doit à cette organisation, ainsi qu’à son parrain Claude Noël. L’objectif prioritaire des DCF (présidés par Jean Muller, par ailleurs directeur général de JCDecaux) « est de parfaire la culture commerciale des dirigeants commerciaux ». Outre l’espace de formation qu’il représente, DCF agit comme un réseau. Rodolphe Langlard résume ainsi : « c’est un lieu de mise en connexion, lieu de partage d’idées et d’expériences. C’est à la fois très professionnel et convivial ».

MMA, DCF, deux lourdes et longues expériences qui apportent, jour après jour, à Rodolphe Langlard un regard acéré et une idée précise de ce qu’est le monde de l’entreprise. Et qui l’ont conduit naturellement à accepter de siéger, dans le collège des chefs d’entreprise, au sein du Conseil Économique, Social et Environnemental de Lorraine (CESEL), auprès de son ami, l’ancien président Roger Cayzelle, puis au CESER, son équivalent sur la nouvelle région Grand Est. Si le grand public connaît assez peu les missions de cette institution, Rodolphe Langlard n’en est pas moins persuadé : « c’est une machine parfois un peu ingouvernable, certes, mais il y a un vrai travail de fond qui y est réalisé, un travail utile pour notre région ».