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À la fin du mois, les Allemands éliront leur Parlement. En Sarre, 800 000 électeurs vont devoir départager 15 partis. Sur la dernière ligne droite, tous les mouvements envoient leurs ténors au front.

Les premières notifications de vote sont arrivées dans les boîtes aux lettres sarroises. En effet, contrairement au système français, il n’existe pas en Allemagne la possibilité de voter par procuration mais par correspondance et ce dès le mois précédent le scrutin. En Sarre, environ 800 000 personnes sont appelées aux urnes le 24 septembre pour élire leurs députés. 15 partis se présentent dans ce Bundesland et pour partir à la pêche aux voix, ils font défiler leurs personnalités dans la région.

Les socio-démocrates (SPD) sarrois ont déjà reçu le vice-chancelier Sigmar Gabriel et espère bien accueillir le candidat Martin Schulz qui avait été déjà très présent lors de la campagne des élections régionales au début de l’année. Les chrétiens-démocrates visent sur un meeting avec Angela Merkel une semaine pour conserver la dynamique plaçant leur parti largement en tête tant sur le plan national que régional. Wolfgang Kubicki, le vice-président du parti libéral (FDP) qui compte bien refaire son entrée au Parlement, s’exprimera à Sarrebruck quelques jours avant le vote. Même timing pour une apparition à domicile des Sarrois Oskar Lafontaine du parti d’extrême-gauche Die Linke et de Simone Peter pour les Verts.

C’est la circonscription de Sarrelouis qui concentre toutes les attentions sur le plan national. En effet, deux pointures du gouvernement fédéral s’y affrontent : le ministre de la justice Heiko Maas pour les socio-démocrates et le directeur de la chancellerie et conseiller d’Angela Merkel Peter Altmaier pour les chrétiens-démocrates. Pendant la législature précédente, la Sarre était représentée par neuf députés : quatre de la CDU, trois du SPD, un des Verts et un du parti Die Linke. Lors des dernières élections de 2013, la participation en Sarre était de 72,5 %.


PARI GAGNANT SUR LE FRONT DE L’ÉDUCATION

Bonnes nouvelles pour les élèves sarrois : selon les résultats d’une étude fédérale, la région frontalière de la Lorraine est celle ayant fait le plus de progrès en ce qui concerne l’égalité en matière d’éducation. En Allemagne, l’éducation est un domaine de compétences des régions et ce sont donc différents modèles éducatifs qui cohabitent sur l’ensemble du territoire. En se plaçant à la sixième place sur 16, la Sarre fait pour la troisième fois consécutive un bon avant dans ce classement.

Concernant l’égalité des enfants face à la réussite scolaire, la Sarre décroche même la première place. A titre d’exemple, sur l’ensemble du pays, environ 7,1 % d’élèves de nationalité étrangère décrochent un diplôme équivalent au bac professionnel et leur permettant d’accéder à des études supérieures.

En Sarre, ils sont presque deux fois plus nombreux (13,7 %). On constate des résultats semblables en ce qui concerne l’obtention par les étrangers d’un bac général (7,1 % sur l’ensemble du pays contre 10,2 % en Sarre). De même en ce qui concerne le taux de redoublement dans les petites classes, avec un taux de 1,3 % la Sarre réussit à se placer largement en-dessous de la moyenne nationale (2,6%). Pour la troisième fois consécutive, c’est le Land de la Saxe qui caracole en haut du classement, en particulier grâce à son très bon réseau de crèches et d’écoles maternelles.


MONTÉE DE L’EXTRÉMISME DE DROITE EN SARRE

Le dernier bulletin des renseignements généraux fait état d’une augmentation du nombre de délits ayant un lien avec l‘extrême droite en Sarre. Selon ce rapport, il y a eu en l’an dernier 253 cas de cette nature contre 138 seulement en 2012. La plupart de ces actes au caractère raciste ont pour cible les réfugiés arrivés en masse dans cette région depuis 2015. Le rapport fait état d’environ 290 personnes pouvant être rattachées à une mouvance extrémiste de droite et note cependant que la majorité d’entre elles ne serait pas rattachées un parti d’extrême-droite et ne serait pas susceptible de passer à l’acte de manière violente.


UN HÔPITAL DU SUPERLATIF

Les Etats-Unis construisent sur la base militaire de Ramstein, en Rhénanie-Palatinat, leur plus grand hôpital militaire à l’étranger. Quarante spécialités médicales seront représentées et neuf salles d’opération pourront être utilisées en même temps. L’établissement permettra de soigner non seulement les militaires américains encore stationnés à Ramstein mais aussi des blessés venus de différents fronts en Afrique et au Moyen-Orient. Ces patients souffrent la plupart du temps de blessures provoquées par des grenades ou des armes de guerre qu’il est difficile de traiter de manière adéquate dans un hôpital civil. Le transport jusqu’aux Etats-Unis étant trop long dans ces cas, la base de Ramstein est un bon compromis. L’ouverture de cet hôpital qui devrait compter au total une centaine de lits est prévue pour fin 2022.


AIR BERLIN EN FAILLITE

Air Berlin, la deuxième compagnie aérienne d’Allemagne, a déposé le bilan. C’est aussi la principale compagnie aérienne présente à l’aéroport de Sarrebruck-Ensheim. Si la destination préférée des Allemands pour l’été, Majorque dans les Baléares, est également proposée par d’autres compagnies, Air Berlin est la seule à relier la Sarre à Berlin. Au cours des derniers mois, cette liaison avait déjà connu de nombreux problèmes avec des avions annulés au dernier moment. Cela avait été aussi bien critiqué par le milieu économique que politique. Sachant qu’il n’existe pas de liaison ferroviaire sans correspondance vers Berlin, il est vital pour la Sarre de conserver ce vol direct. Si les trajets des trois prochains mois sont garantis, aucune autre compagnie n’a à l’heure d’aujourd’hui encore signalé vouloir reprendre la ligne.