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En clôture de sa quarantième saison, l’Orchestre national de Lorraine propose trois œuvres emblématiques de la musique française du XXe siècle de Claude Debussy et Maurice Ravel. Une manière d’affirmer l’identité de l’orchestre, aux côtés du Chœur symphonique de la Grande Région et de la mezzo-soprano Isabelle Druet.

La Quarantième symphonie de Mozart, la Quatrième de Mahler, composée à 40 ans, ou le poème symphonique Heldenleben (op.40) de Richard Strauss furent autant de clins d’œil distillés par l’Orchestre national de Lorraine à l’occasion d’un saison qui marque ses quatre décennies d’existence. Le concert de clôture 40 ans ! met à l’honneur la musique française du vingtième siècle, que Jacques Mercier, directeur artistique et chef d’orchestre, tient à présenter comme emblématique de l’identité de laphalange lorraine : « Les orchestres français ont une capacité, appréciée, d’interpréter le répertoire national avec clarté, élégance et rigueur. L’Orchestre national de Lorraine en a fait l’une de ses spécialités. Nous vivons une ère de standardisation où d’un continent à l’autre, les orchestres tendent à perdre leurs spécificités nationales, ce qui, je trouve, est dommageable. » Deux des plus grands compositeurs français du XXe siècle, Claude Debussy et Maurice Ravel, des contemporains dont les œuvres se répondent, seront mis en lumière avec trois œuvres parmi les plus emblématiques de leur carrière, à commencer par les Nocturnes de Claude Debussy. Divisées en trois tableaux, Nuages, Fêtes et Sirènes, elles ont été inspirées au compositeur par les peintures de William Turner et James Whistler. Debussy laisse entendre une musique très imagée, atmosphérique et puissamment évocatrice. « Les Nocturnes sont très visuelles, ce sont des jeux entre la musique et le silence, des mondes imaginaires, aériens, oniriques et aquatiques », souligne Jacques Mercier. « Cette œuvre suscite exactement les sensations évoquées par Cocteau lorsqu’il affirme qu’ « une œuvre doit satisfaire les neuf muses ». C’est ce que j’appelle la preuve par 9 ! » Deux compositions de Maurice Ravel complètent le programme dont les parfums d’Orient de Shéhérazade, Trois poèmes pour voix et orchestre d’après le texte de Tristan Klingsor. Des vers qui prendront vie grâce à la mezzo-soprano Isabelle Druet, entre chant et déclamation. « Ravel a véritablement transcendé le texte par la musique, tout en écrivant celle-ci très proche du texte parlé, explique le chef d’orchestre. Il s’agit d’une conversation sophistiquée, et pour exprimer pleinement sa subtilité, il faut toute l’intelligence de l’interprétation d’Isabelle Druet. » Pour terminer la soirée, l’ONL et le Chœur symphonique de la Grande Région, préparé par Corinne Klein, interpréteront les Suites n°1 et 2 du ballet Daphnis et Chloé de Ravel. Sa fameuse conclusion, sorte de bacchanale effrénée, fera dire au compositeur américain Lawrence Kramer qu’il s’agit là de « la représentation la plus explicite de l’orgasme de toute la musique classique », et dont Igor Stravinsky confiait qu’elle constituait pour lui l’une des plus belles pages de la musique française. « À nouveau, Ravel fait éclater les cadres, ici ceux du ballet, en offrant une véritable fresque musicale, magique, pleine de vitalité et très équilibrée » relève Jacques Mercier. Dans sa démarche d’ouverture au-delà des frontières, l’Orchestre exporte son programme 40 ans ! en Allemagne, le 26 juin dans le cadre de la Congresshalle Saarbrücken, après être passé le 18 juin dans la nouvelle salle des Fuseaux à Saint-Dizier où l’ONL trouve un lieu de rendez-vous régulier en Grande Région. « Notre position centrale dans un Grand Est très étendu nous ouvre des horizons différents. Ces concerts sont l’affirmation de notre identité, de notre rayonnement et de nos ambitions, tous destinés à se développer lors de la prochaine saison » conclut Jacques Mercier.

18 juin à 20h30 aux Fuseaux à Saint-Dizier
Le 24 juin à 20h Grande salle de l’Arsenal à Metz
Le 26 juin à 11h Congresshalle de Saarbrücken
http://orchestrenational-lorraine.fr