Cobb tourne mal de Mike Mc Crary aux éditions Gallmeister est le premier volet des mésaventures de Remo Cobb, avocat talentueux mais sans grande vertu morale. Dynamique, décapant et complètement dingue, les trois D incontournables pour une lecture en quatre dimensions.

On ne tient pas ici le meilleur cru des éditions Gallmeister mais cette drôle d’histoire offre tout de même un bon moment de lecture. Remo Cobb est la caricature de l’avocat pourri qui défend les pires criminels parce que ça rapporte gros. Mais un beau jour, un sursaut de conscience l’électrise. Remo perd volontairement le procès de braqueurs sanguinaires qui ont laissé 16 morts après leur dernier casse. Il pensait les voir en taule à perpette mais les frères Mashburn sont libérés quelques années plus tard. Évidemment, ils veulent récupérer leur argent et faire la peau à leur avocat. La course contre la mort est engagée.

Le personnage de Remo Cobb est sombre et cynique, le parfait anti-héros. On se réjouit presque – non, en fait, plutôt carrément- lorsqu’il se prend quelques pains au passage. La simplicité de la structure, le personnage tendance hard-boiled, la violence et le côté déjanté renoue avec la tradition des meilleurs (ou des pires, tout est question de point de vue) fiction pulp. Une petite gourmandise d’été si l’on peut dire.

L’auteur, aussi déjanté que ses histoires mais plus sympathique, on l’espère que Remo Cobb, a exercé une kyrielle de métiers, du monde des affaires à celui de la restauration avant de vivre de sa plume. Ces expériences et son parcours atypique expliquent certainement son rapport décomplexé à l’écriture. Son objectif n’est pas tant de nous tenir en haleine que de créer une atmosphère et parler de l’humain dans ce qu’il peut révéler de pire et de meilleur. Derrière les clichés et grosses ficelles, Mike Mc Crary évoque subtilement l’espoir et la question de la rédemption. Pas de jugement, pas de réponse. Juste ce qu’il est possible d’imaginer. De ce point de vue-là, le livre est plutôt réussi.