En résidence à l’Arsenal depuis 2009, Nathalie Stutzmann fait renaître Le Messie, oratorio le plus célèbre d’Haendel sous sa baguette, en avant-première à Metz, à l’occasion de son premier concert de la saison à l’Arsenal. Elle sort par ailleurs l’opus Heroes from the shadows, autour de « cet immense génie qu’est Haendel ».
Nathalie Stutzmann (Photo : Simon Fowler)

Nathalie Stutzmann (Photo : Simon Fowler)

Entre héros oubliés et figure biblique, Nathalie Stutzmann choisit de mettre en lumière, en cette fin d’année, une partie de l’œuvre de Haendel. Le Messie, pièce maîtresse de la musique baroque, inaugure une première collaboration entre Orfeo 55 et le Chœur de Chambre de Namur. N’ayant pas connu, au cours de ses cinq années de résidence à l’Arsenal, la production d’un grand oratorio, Nathalie Stutzmann fait concorder l’expérience avec la période des fêtes, toute indiquée pour donner cette pièce biblique et glorieuse. « Dans la lignée des Grandes Passions de Bach, Le Messie possède une grande puissance émotionnelle, explique-t-elle. Et j’ai personnellement beaucoup de plaisir à écouter ces œuvres à cette période de l’année ». Le Messie, dont l’interprétation est enrichie par la présence de grands solistes tels que Sara Mingardo ou Susan Gritton, a aussi séduit la chanteuse et directrice d’orchestre par sa trame théâtrale affirmée, rappelant l’opéra.

Nathalie Stutzmann a également eu à cœur de réhabiliter les héros oubliés de Haendel avec son projet Heroes from the shadows, sorti chez Warner/Erato et qui sera donné à l’Arsenal le 21 mai 2015. Elle y intervient cette fois-ci à la direction et au chant, pour mettre en lumière des figures telles que Giulio Cesare, Ariodante ou Alcina, personnages secondaires souvent animés de sentiments violents, vecteurs d’émotions : « Ces héros de l’ombre présentent souvent un florilège de caractères et un véritable intérêt musical, remarque Nathalie Stutzmann. La manière dont Haendel les utilise pour exprimer l’intime, la puissance et la fragilité est remarquable ».