(Alexandre Janiaud, organisateur du festival Du Jazz et Des Saucisses © DR)
Ceux qui associent le mot jazz aux salles de concert à l’ambiance feutrée réservées à une élite pourraient aller faire un tour à Du Jazz et des Saucisses, événement gratuit organisé par des passionnés autour de l’art du solo. Un barbecue entre amis dédié à l’éclectisme et au plaisir d’être ensemble.

Quelques bienheureux se souviendront peut-être de ce Dimanche belge, organisé en 2015 au Hublot à Nancy, qui réunissait sous un soleil éclatant le big band Flat Earth society et les amoureux de bières d’abbaye et de carbonnade. Ambiance décontractée, bonne bouffe et bonne musique étaient au programme. Les mêmes organisateurs s’apprêtent à récidiver en dégainant les barbecues et une brochette d’artistes aux profils divers avec Du Jazz et des Saucisses. « Pour nous, jazz signifie ouverture, explique Alexandre Janiaud, organisateur de Jazz et Saucisses avec sa structure Getsmall, en partenariat avec EPSA Jazz. Le nom du festival vise un peu à casser une certaine image du jazz : le jazz ça peut faire peur, pas les saucisses ! »

« Le nom du festival vise un peu à casser une certaine image du jazz : le jazz ça peut faire peur, pas les saucisses ! »Alexandre n’en est pas à son coup d’essai : Du Jazz et des Saucisses a eu une première vie entre 2007 et 2010. « Les gens ne venaient pas avant tout pour la programmation, mais pour l’ambiance. On se faisait plaisir en fin de saison. »

Devant les demandes, le festival renaît, toujours autour de l’exercice du solo. « Il s’agit d’un vrai défi qui intéresse les musiciens : le solo est un discours à part, quelque chose de particulier, surtout sur scène, indique l’organisateur. Pour certains, c’était la première fois ! »

Si l’ambiance est celle d’un barbecue entre potes, la programmation n’en est pas moins de qualité et marquée par la diversité : autour du batteur Denis Charolles, clown dada aux prestations millimétrées, compagnon de route d’Arthur H ou Brigitte Fontaine, et de Gauthier Aubé, référence européenne du didgeridoo, six autres artistes tirent leur épingle du jeu. Le tubiste Michel Godard, maître du serpent, cet instrument méconnu, entre jazz et musique improvisée, les Nancéiens Sébastien Coste au saxophone et Gaël le Billan au piano, le Nantais Charles-Éric Charrier qui accompagne son jeu très « deep » à la basse de sa voix rocailleuse…

Du côté des surprises, Thomas Schoeffler Jr et son détonant blues-folk semblant issu des profondeurs étatsuniennes, stompbox, guitare et harmonica sous les doigts, ainsi que Dr Vandale et ses machines entre punk, hip-hop et électro. Le tout pour zéro euro. « C’était important d’être gratuit, car pour nous la culture doit être ouverte à tous : venir en famille, ça peut vite revenir cher, souligne Alexandre. Notre principal souhait : que tout le monde soit bien accueilli. » Comment résister à l’invitation ? Faites chauffer les esgourdes et les papilles !

Samedi 2 septembre de 12h à 20h aux Brasseries (ex-Totem)
Rue des Brasseries à Maxéville. Concerts en plein air / Entrée libre.
(repli possible en cas de mauvais temps)
www.facebook.com/dujazzetdessaucisses


SOUTENIR L’ÉVÈNEMENT

Le site est vaste et accessible, les bénévoles dévoués et les artistes ultra-motivés. Il y aura de belles saucisses réalisées avec amour par un éleveur local, et de la bonne bière. Et tout cela est totalement gratuit. « On fait vraiment cela pour se faire plaisir et faire plaisir, on ne gagne rien, pas même sur le bar ou la restauration, précise Alexandre Janiaud, l’organisateur de Du Jazz et des Saucisses. On a bossé un peu plus dans l’année pour réunir des fonds. »

Car faire venir des artistes, investir un lieu, prévoir tout ce qu’il faut pour que tout le monde mange à sa faim et soit accueilli dans de bonnes conditions, cela coûte de l’argent… Vous pouvez apporter votre pierre à ce barbecue ouvert à tous les vents et à tous les styles, autour du souffle de liberté porté par le mot jazz, en participant à la campagne de financement participatif sur Internet via le lien ci-dessous. Si vous ne le faites pas pour le jazz, faites-le au moins pour les saucisses !