( © Vianney Huguenot)
Sur Facebook, il pilote un groupe public hyper populaire, suivi de près dans les milieux médiatiques et politiques par 6200 internautes du Grand Est. Mais Julien Vidal n’est pas que l’administrateur de ce média neuf et original, il est un papa attentif, européen de cœur, gueulard à l’occasion, engagé, fatigué par une classe politique « trop sectaire et déconnectée ».

« Quand j’étais petit, je voulais être Président de la République. Mais ça m’a passé ! [il se marre] Plus tard, je voulais être neurochirurgien. Je trouve extraordinaire la mécanique cérébrale, qui reste un mystère ». Dans ces mots, on trouve presque tout Julien Vidal : l’ambition, la passion, le questionnement, la lucidité.

Né à Bar-le-Duc de parents nancéiens, il a pris goût très jeune à la grande région. Après un bachot à Bar, il part faire une prépa HEC à Reims, ville qu’il n’aime pas plus que ça « à l’époque », puis embraye sur un DUT marketing à Metz, une maîtrise de gestion à l’IAE de Nancy et, en 2003, un master de management des organisations publiques. C’est au même IAE qu’il enseigne aujourd’hui, notamment l’appréciation de la performance dans les collectivités.

2003 est une époque charnière, Julien Vidal quitte le secteur privé, où il a été douze ans durant Directeur administratif et financier : « Je voulais me remettre en cause, et puis j’en avais marre de vivre des décisions d’un actionnaire ». Ce « changement de cap » coïncide avec l’idée de ne pas tomber dans le piège : « Je voyais la crise arriver et je n’avais pas envie d’être licencié à cinquante ans ». Il observe alors les besoins des collectivités publiques, passe un concours et entre dans la grande maison, celle des fonctionnaires, « trop souvent mis dans le même sac par les candidats à la présidentielle ». Il est aujourd’hui cadre territorial. Voilà pour le premier tiers de la sphère Vidal.

Sur Facebook, Julien Vidal est particulièrement engagé sur les questions liées à la corruption des élites, à leurs discours sectaires, à la démocratie participative et à l’Europe, dont il est un sincère défenseur.Le second est constitué de ses deux enfants, dont il parle sans cesse : de son fils, de sa fille… qui finalement lui a fait aimer la Ville des sacres. Le troisième tiers Vidal est politique et médiatique, largement occupé par une page Facebook, précisément un groupe public, baptisé ALCA puis Grand Est, très suivi dans le microcosme et bien au-delà. Un média de nouvelle génération, unique en France et mariant de façon inédite politiques et médias, d’une part, Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne, d’autre part. Julien Vidal : « Bien sûr nous avons un rôle politique mais ce groupe est d’abord un lien, une occasion de mieux connaître les autres. Ce média est innovant en ce sens que l’existant, Presse Quotidienne Régionale, radios et télés, sont encore très territorialisés à l’ancienne », sur les ex régions et les départements.

Son groupe Grand Est « rapporte des faits, vérifiés, sourcés, et propose des clés de compréhension ». Il est aussi, bien que Julien Vidal s’en défende un peu, un groupe de pression. Il est, en tout cas, un espace d’échanges, de fond, passionnant, espace de démocratie participative où les analyses et les éléments d’agenda cohabitent avec une confrontation à fleurets mouchetés. Les commentaires y sont posés, éloignés du maelstrom insipide qu’on trouve souvent sur les réseaux sociaux.

La page est encadrée, modérée – par Julien Vidal lui-même et lui seul, « pour maîtriser la cohérence de la ligne éditoriale » – hôte d’un panel politique vaste, allant de l’extrême droite à l’extrême gauche qui, bizarrement, ne s’étripent pas. Pas ici. La touche Vidal y est pour beaucoup. Mais sous ses airs de ramasseur de balles, il court, lifte, amortit, aime monter au filet. Le cordial Julien Vidal sait être cognant et cinglant, généralement gentiment, avec bienveillance et souvent pour point final de son commentaire l’émoticone Clin d’œil (celui qui vous dit : on ne pense pas pareil mais ce n’est pas si grave).

Julien Vidal est particulièrement engagé sur les questions liées à la corruption des élites, à leurs discours sectaires, à la démocratie participative et à l’Europe, dont il est un sincère défenseur : « Je ne me sens pas vraiment Lorrain. Je suis davantage Nancéien et Européen, mais pas dans le sens où on entend l’Europe aujourd’hui, dévoyée par la technostructure. Si l’Europe est ainsi, c’est parce que les politiques ont laissé faire ». Des politiques dont on sait un peu plus de leur mécanique cérébrale en épluchant les posts du groupe Grand Est…

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