Chorégraphe en résidence à l’Arsenal cette saison, Anne Collod met en scène une danse macabre contemporaine qui questionne nos relations avec les êtres et les œuvres disparus avec Le Parlement des invisibles.
Anne Collod (Photo : Johann Maheut)

Anne Collod (Photo : Johann Maheut)

En 1993, Anne Collod s’attelle à la recréation d’œuvres passées en se familiarisant avec le système d’écriture chorégraphique Laban, dans un premier temps en fondant le Quatuor Albrecht Knust, puis Eefros Project, avant de s’orienter vers le traitement des « utopies du collectif » en 2003 avec L’association…& alters. Cette thématique sera l’un des axes du Parlement des invisibles, issu de la Danse macabre créée par l’allemand Sigurd Leeder en 1935. « Ce qui m’a intéressé, c’est qu’ici nous avons deux niveaux de présence sur le même plan : les vivants et les morts, décrit Anne Collod. On y accueille des présences autres, au-delà de la rationalité ».

Un dialogue
avec les morts
à travers les corps
de cinq danseurs

Le Parlement des invisibles se veut grotesque, festif, carnavalesque, chargé de la dimension satirique et sociale de la Fête des morts mexicaine, qui l’a fortement inspiré, tout comme la danse macabre du Moyen-Age, entamant un dialogue avec les morts à travers les corps de cinq danseurs et les représentations diverses des disparus. Ainsi, l’échange se joue sur scène et au-delà, via des projections vidéo qui montrent des images d’archives ainsi qu’une recréation fidèle du poème chorégraphique de Sigurd Leeder, à laquelle la scène fera écho. En parallèle, des interventions des danseurs seront également projetées. « Il s’agit d’une mise en tension entre les images animées et les danseurs, à la dimension spectrale, explique Anne Collod. Sur un mode fantasmagorique et tendre, nous jouons avec la peur, les représentations, la fiction, on parle d’altération, de décomposition d’une œuvre, et également de conjuration, rendue possible par le travail en groupe ». La musique de Pierre-Yves Macé est elle-même une inversion de la partition originale de Camille Saint-Saëns, pulsations électroniques, cardiaques. La vie et son envers liés et réunis.