CYCLE URBAN À LA PHILHARMONIE LUXEMBOURG

Attention, phénomène ! Benjamin Clementine appartient à cette race d’artistes singuliers capables d’emballer un public avec des silences flirtant avec le recueillement. Précédé d’une réputation élogieuse, le Londonien d’origine ghanéenne n’a pas volé sa notoriété, laquelle s’est emballée après la sortie en 2015 de son premier album At Least For Now. Il faut l’avoir vu en live pour mesurer son charisme vénéneux et cette émotion brute teintée de délicatesse qui se dégage de ce personnage semblant tout droit débarqué d’une autre planète. Comme le 16 octobre 2015 à l’Astral de Montréal, où cet artiste souvent comparé à Nina Simone, qui compte parmi ses inspirations Jacques Brel et Leonard Cohen, avait conquis une salle compacte en compagnie d’un batteur en symbiose avec sa voix profonde et groovy.

Clementine, c’est l’histoire d’un homme sauvé par un producteur du bourbier d’un métro parisien où la misère lui tenait chaud. Un ovni qui se présente sur scène pieds nus et vous donne parfois l’impression de vivre sa soirée sur scène comme si c’était la dernière. Étonnant personnage que voilà, intrigant même, qui se réclame de la pop et de la musique classique quand d’autres voudraient le figer dans la soul, à laquelle fait inévitablement penser ce timbre qui donne la chair de poule dans son costume d’opéra. La pièce Cornerstone, vue des millions de fois sur YouTube, en est un belle exemple, dans une formule piano-voix qui va comme un gant à ce monstre d’émotion. 

Le 27 novembre, à 20h, dans le Grand Auditorium