(©Aziz Mébarki)

Les finances des Départements sont mises à mal par le coût du RSA. Patrick Weiten, député et président du Conseil Départemental de la Moselle, dénonce l’attitude du gouvernement.

« En Moselle, le RSA coûte 160 millions d’euros par an, au Département. Chaque année, la facture progresse de 7 à 10% alors que dans le même temps l’Etat revoit sa dotation à la baisse. C’est intenable. Dix départements sont actuellement en grande difficulté. Ils seront 40, dès l’année prochaine, si rien n’est fait. Il faut que l’État prenne ses responsabilités », affirme le Député Patrick Weiten, également président du Conseil Départemental de la Moselle. Avec une délégation de présidents de Département en charge des négociations sur la reprise en charge du financement du RSA par l’État, Patrick Weiten a rencontré le Premier ministre courant juin. Il confie être reparti déçu de l’entrevue. « Pas une proposition du gouvernement n’est sérieuse. Et aucune de nos solutions n’a été prise en considération. Certes, un fonds de secours pour les Départements en difficulté a été créé mais cela ne règle en rien les problèmes. Il faut savoir dire stop car si on ne fait rien c’est l’ensemble des politiques relevant de la responsabilité des départements qu’il faudra revoir à la baisse. L’ambition serait de faire disparaître les Départements en asséchant leurs finances, que l’on ne s’y prendrait pas autrement », souligne Patrick Weiten. Dominique Bussereau, président des ADF (Assemblée des Départements de France) s’est également fendu d’un communiqué de presse à l’issue de cette réunion : « je considère que cette proposition reviendrait, pour les Départements, à passer l’éponge sur une ardoise de 20 milliards d’euros que l’État leur doit, correspondant aux restes à charge constatés entre 2004 et 2016 ». Lors de son assemblée générale, le 22 juin dernier, l’ADF a également adopté une motion, à l’unanimité, concernant les mineurs isolés étrangers. « Nous accueillons, bien entendu, ces jeunes de la meilleure façon possible. Mais cela a un coût : 50 000 euros par personne. Ils sont aujourd’hui 250 en Moselle. Là encore, les Départements font ce qu’ils peuvent. L’État ne contribue à rien alors que ces mineurs relèvent de sa stricte compétence », conclut le député.