(© Mensuel L’Estrade)
Président du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine (Cesel), Roger Cayzelle est candidat à la présidence du CESER de la nouvelle Région Grand-Est qui sera mis en place en janvier prochain.

À quoi va ressembler le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) de la future Région Grand-Est ?

Dans sa réforme, le gouvernement semble ne pas s’être posé la question de la place du Ceser. Or ce n’est pas un accessoire. Le Conseil régional a l’obligation de le consulter, pour avis, sur les grandes décisions. On sait qu’il conservera les mêmes prérogatives qu’actuellement mais un flou certain entoure son fonctionnement. Rien n’est encore décidé, par exemple, en ce qui concerne le lieu de son installation. Est-ce que l’exécutif sera à Strasbourg et le consultatif à Metz ? Ou à Châlons-en-Champagne ? En revanche, on s’oriente vers un Ceser non pas de 150 membres comme j’y étais personnellement favorable, mais à 253 membres, soit l’addition des membres des trois Ceser actuels. Rien que sur le plan organisationnel, cela pose des difficultés. À titre d’information, l’hémicycle du Conseil régional de Lorraine ne peut accueillir que 170 personnes. Pour rester efficace, il faudrait organiser deux ou trois grandes réunions annuelles et fonctionner le reste du temps en commissions plus locales. La création d’une commission permanente de 80 membres me semble également judicieuse.

Les éléments ne sont-ils pas réunis pour que cela vire à l’« usine à gaz » ?

L’écueil, c’est effectivement que l’on tourne en rond. Je pense qu’il est important de régler au plus vite ces questions pour commencer à travailler dès janvier. On sait que les deux ans à venir vont servir de phase de transition mais ce n’est pas une raison pour se laisser enliser. Notre grande région ne peut pas s’offrir ce luxe. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Nous n’avons pas confiance en nous et notre pouvoir d’attractivité est au point mort. Alors il faut y aller ! L’heure n’est pas aux tergiversations.

Vous avez annoncé votre candidature à la présidence. Ce n’était pas précipité ?

Comme je viens de le dire, il n’y a pas de temps à perdre. Cela m’intéresse, alors oui je suis candidat. Je pense être bien placé pour assurer cette mise en route, pour les deux ans à venir. Si on commence à organiser une présidence tournante, six mois pour chacun des trois présidents actuels, par exemple, on ne va nulle part. Au-delà de ma personne, je suis également persuadé que le Cesel (Conseil économique social environnemental de Lorraine) bénéficie d’une expérience qui apporte une vraie valeur ajoutée dans la mesure ou nous ne nous sommes jamais positionnés comme une simple boite à idées ou laissés enfermés dans un rôle purement consultatif. Nous donnons notre avis sur de grands sujets mais portons aussi des propositions et des projets. Sur Vandières ou l’A31, par exemple, nous avons défendu nos idées. Si le Ceser ne porte pas de combats, il ne sert à rien. Cela passe, notamment, par un gros effort en matière d’information et de communication pour promouvoir et partager nos travaux.

Vos collègues n’auraient guère apprécié votre empressement…

C’est vrai, je n’ai plus trop de nouvelles. Mais rien ne les empêche de se porter candidat.

En sachant que le Cese de Lorraine compte 97 membres contre 78 pour ceux d’Alsace et de Champagne Ardenne. Il y a une petite marge.

La pire des choses serait de commencer à se compter ou de rechercher des combinaisons improbables. Ce qui est important, c’est de créer un mouvement large dans une perspective de rassemblement.

Quels sont les dossiers prioritaires ?

L’international et le frontalier, et là encore qui maîtrise mieux le sujet que les Lorrains, le développement métropolitain, la reconversion économique et les nouveaux relais de croissance, l’équilibre entre les territoires, notamment urbains et ruraux… Voilà, les grands thèmes sur lesquels nous travaillons qui nécessitent une réflexion puis de passer à l’action.

Un président au lieu de trois. On peut tripler ses indemnités alors !

Les indemnités ne devraient pas bouger. Il ne faut pas oublier que l’ambition de la réforme est de faire des économies. Le budget global du nouveau Ceser ne devra donc pas être supérieur à la somme des trois conseils actuels. En sachant que les frais, notamment de déplacement, vont certainement augmenter même si, je me répète, il convient d’adopter un mode de fonctionnement efficace et qui limite les frais.

Et si le Front National prend la Région  ?

Si le Front National prend les rênes à l’issue des élections de décembre, nul doute que ce serait une très mauvaise nouvelle pour le Conseil. Mais ce serait surtout une catastrophe pour la future Région Grand-Est. Aucun doute là-dessus.