(Fernand Léger, Les Loisirs-Hommage à Louis David, 1948 – 1949 Huile sur toile, 154 x 185 cm Achat de l’Etat, 1950  / Collection Centre Pompidou, Paris Musée national d’art moderne Centre de création industrielle © Centre Pompidou, MNAM-CCI Jean-François Tomasia Dist. RMN-GP © Adagp, Paris, 2016)
Avec Fernand Léger : le beau est partout, le Centre Pompidou-Metz lève le voile sur les multiples facettes d’un artiste profondément lié à son époque, exprimant à travers la peinture, l’illustration, le cinéma, les arts vivants toute la modernité bouillonnante de la première moitié du XXème siècle.

Pour la première grande exposition monographique consacrée à Fernand Léger depuis vingt ans, le Centre Pompidou-Metz nous propose une traversée sur cinq décennies à travers quelque 150 œuvres, comprenant des prêts du MoMA, du Centre National des Arts Plastiques ou encore du Philadelphia Museum of art.

Son introduction laisse à voir quelques chefs d’œuvre de jeunesse (La Noce, La Partie de cartes, Éléments mécaniques) qui posent les jalons d’une œuvre cubiste en parallèle à celle de Picasso ou Braque. C’est, quelques années après son arrivée à Paris à 19 ans, la période de « la concurrence de la vie moderne », dont la machine, son symbole, constituera une figure récurrente. « Ses tableaux évoquent les mutations, les couleurs, le mouvement de la société, explique Ariane Coulondre, commissaire d’exposition. Léger constate la transformation des transports, de l’industrie, des arts : « le beau est partout ». Dès lors, comment lui faire concurrence ? »

Pour relever ce défi, l’artiste usera de divers moyens que s’attachent à présenter les différents espaces de l’exposition. D’abord la typographie, qui envahit la ville : Le Typographe, Les Disques dans la ville, la création de livres illustrés, l’affiche sont autant d’expressions de sa créativité. « Ses tableaux évoquent les mutations, les couleurs, le mouvement de la société »En homme de son temps, il s’intéresse également au cinéma, portraitisant Chaplin, collaborant avec Abel Gance et Marcel Lherbier pour le film L’Inhumaine et réalisant lui-même un film expérimental, Ballet mécanique.

La seconde partie des années 20, particulièrement prolifiques pour Fernand Léger, témoigne du goût de cet homme du monde pour les arts vivants et particulièrement le ballet. A l’image du cinéma, Léger envisage la scène comme un nouveau terrain d’expérimentation : on découvre sa toile de fond pour Skating Rink, création du Ballet suédois dont il réalise aussi les costumes, comme dans La Création du monde« Au cinéma, qui lui aura fait prendre conscience du pouvoir de l’objet à occuper l’espace, Léger travaille surtout comme un peintre, assemblant à la main des images figées, analyse Ariane Coulondre. En découlera une véritable influence sur sa peinture. De même avec son travail au ballet : dans ses peintures, les corps humains commencent à apparaître. » En témoignent Les Trois musiciens, La Danse ou Les Grands plongeurs noirs.

Dans la partie « Mur et architecture », on découvre un autre « lexique » utilisé par Fernand Léger, apprenti-architecte dans sa Normandie natale. Il collabore avec Robert Mallet-Stevens ou Le Corbusier dans sa revue Esprit nouveau, partageant avec l’architecte un attrait pour la polychromie. Au sein de l’une de ses Unités d’habitation, située à Briey, est organisée l’exposition Le Corbusier et Léger, visions polychromes, qui dialogue avec celle du Centre Pompidou-Metz en reliant la pensée de l’architecte à celle du peintre.

L’idéal d’un art « mural, collectif et populaire » encourage également Léger à s’intéresser aux arts décoratifs, poursuivant ainsi sa démarche de synthèse des arts. La dernière partie de l’exposition s’attarde sur l’engagement politique de Léger, membre du Parti Communiste. Il consacre une série à la classe ouvrière, conclue par Les Constructeurs en 1950, qui offre un regard singulier sur l’allégorie de l’homme au travail. « Cette œuvre synthétise bien l’œuvre de Léger, indique la commissaire d’exposition. C’est la voie médiane, entre art populaire et modernité, empruntée par un artiste qui tout au long de sa vie n’a renoncé à rien. »

Fernand Léger, le beau est partout jusqu’au 30 octobre au Centre Pompidou-Metz
Exposition Le Corbusier et Léger, visions polychromes jusqu’au 24 septembre
Cité Radieuse Le Corbusier à Briey
www.centrepompidou-metz.fr