(©Luc Bertau)
Enseignante, photographe, éditrice, commissaire d’exposition, galeriste avec la galerie des Jours de Lune à Metz : Viviane Zenner entretient pour l’art contemporain une passion qu’elle met au service d’élèves ou d’artistes.

L’appartement de Viviane Zenner au Ban Saint-Martin affiche une partie de sa vie d’artiste et de femme qui engage sa propre sensibilité à promouvoir celle des autres. Dans ses tiroirs, du matériel destiné aux enfants qu’elle accueille le mercredi après-midi pour des ateliers de pratique artistique, qui s’affairent sur une grande table recouverte aujourd’hui de ses photographies prêtes pour une exposition en région parisienne. « J’ai des élèves de sept ans qui font des choses incroyables, explique cette enseignante en arts plastiques au collège de Vigy. Malgré toutes mes activités, je n’ai jamais voulu lâcher l’enseignement : l’utilisation des nouvelles technologies me donne à réfléchir sur l’évolution de mon rôle ! » Un accompagnement qui débute dès leur plus jeune âge et se poursuit jusqu’à leur majorité, en les aidant à préparer les concours d’entrée en école d’art.

En 1999, après avoir quitté les Beaux-arts de Metz, elle fonde l’association l’Étend’art, qui se consacre à la promotion artistique sous des formes diverses, tout en poursuivant sa pratique de la photographie, dont l’écriture se niche entre les contrastes, les limites, les frontières d’un paysage ou d’un corps. « Mon discours est simple : on fabrique des choses ensemble et on les dévoile au plus grand nombre, on s’ouvre sur la ville, sur les plus jeunes. »« Je fais confiance à ma vision pour me pencher sur le travail de créateurs que j’essaye ensuite de faire venir, surtout dans la région, pour les exposer. »

Pour Viviane Zenner, faire entrer une œuvre en résonance avec un lieu, souvent atypique, constitue un élément central de valorisation. À Metz, elle a déjà exposé à l’Église des Trinitaires, et s’occupe depuis quatre ans de la galerie des Jours de Lune, sise rue l’Arsenal, qui accueille une dizaine d’expositions par an. « Je tiens à m’éloigner des white cubes, ces espaces géométriques composés de murs blancs qui sont souvent la norme dans l’art contemporain. La lumière, le temps, l’espace sont des notions qui me parlent beaucoup, comme en photographie. »

Son enthousiasme et son engagement l’ont amené à nouer des liens étroits avec des artistes et des auteurs de renommée internationale, et à acquérir une reconnaissance de la part des institutions et des galeries ; autant d’atouts dont elle use pour initier des projets inédits. Lorsque l’activité d’édition de l’Étend’art se développe, se crée une petite maison dédiée : ENd, qui publie des entretiens avec des artistes, de la poésie. « Je ne me pose pas de questions, j’avance ! Mon discours est simple : on fabrique des choses ensemble et on les dévoile au plus grand nombre, on s’ouvre sur la ville, sur les plus jeunes. »

Chez elle, tout projet est motivé par une rencontre, une envie qu’elle transforme en événement ou en publication, un contexte. Son actualité : la publication de La Raison sentimentale de Marc Molk, peintre et écrivain, accompagnée d’une préface de Claudine Tiercelin, professeur au Collège de France et le Week-end d’art contemporain en Grand-est auquel elle participe en tant que commissaire d’exposition du photographe, vidéaste et sculpteur Paul-Armand Gette et de la plasticienne Elise Bergamini. En avril, elle exposera deux artistes, Rainier Lericolais et Olivier Nottelet à l’Église des Trinitaires : « Je crois que l’expérience et le travail permettent d’entretenir une vision, et toujours rechercher les rencontres permet d’en susciter de nouvelles. Cela fait partie de mon identité d’artiste, c’est là que je puise mon énergie. » 

-Week-end d’art contemporain en Grand est
du 17 au 19 mars 2016
– Exposition Rainier Lericolais & Olivier Nottelet
du 18 au 30 avril à l’Église des Trinitaires
joursdelune.com
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