À 32 ans, Radoine Mébarki est un créateur dans l’âme : quoiqu’il entreprenne, il fédère et avance. De l’associatif jusqu’au monde de l’entreprise en passant par la politique locale, le bonhomme aime les challenges et se plaît à embarquer dans ses aventures tous ceux qui sont disposés à le suivre. C’est ainsi qu’il vient de se lancer dans la création du premier Diplôme universitaire en repreneuriat, un projet qui vise rien de moins qu’entretenir et renouveler le tissu entrepreneurial.
Radoine-Mébarki (©HMD)

(©HMD)

Depuis tout jeune, Radoine Mebarki se donne les moyens d’obtenir ce qu’il veut : alors qu’il a une douzaine d’années, le jeune garçon, qui vit dans le quartier de la Chiennerie à Nancy, mobilise sa bande de copains et se rend à la mairie pour y négocier de trop inaccessibles colonies de vacances contre des travaux d’intérêt général. L’opération est un succès qui donnera lieu aux Chantiers de contrepartie et à une association à l’origine de l’accès à de vrais loisirs et À 24 ans, plus jeune élu de la Ville de Nancy, il s’est attelé en 2008 à la rénovation urbaine du Haut-du-Lièvreà des formations professionnelles qualifiantes pour nombre de jeunes défavorisés. Outre les bénéfices avérés du projet et la découverte du monde associatif et du bénévolat, notion qui depuis lui est demeurée chère, son action culottée a le mérite d’attirer l’attention du maire de l’époque, André Rossinot, qui lui propose, alors qu’il n’a que 24 ans, de rejoindre son équipe. Ainsi propulsé plus jeune élu de la ville, à peine diplômé dans la vente et lauréat des Négociales devenu agent immobilier, Radoine Mébarki s’attelle à la rénovation urbaine du Haut-du-Lièvre. Son expérience des quartiers comme de la vie associative lui permettent de prendre à bras le corps l’épineux problème. Faute de budget faramineux, l’élu fait beaucoup avec peu entre solidarité des habitants, économies d’échelles appliquées au monde associatif et toujours l’énergie bouillonnante qui le meut quand il est question d’aider à la vitalité du territoire. « On ne valorise jamais assez le bénévolat, c’est le ciment de la société », explique celui qui a aussi créé, avec la Préfecture, des médailles pour les porteurs d’associations locales.

En parallèle de son mandat à la mairie de Nancy et de son action dans le monde associatif, Radoine Mébarki poursuit sa progression : il devient directeur de la communication, commence à donner des cours en marketing et négociation à la Faculté de droit, puis ouvre sa propre agence au sein de la première coopérative immobilière de France. « J’adore cette schizophrénie, se réjouit-il, et puis passer d’un monde à l’autre est très enrichissant, cela d’autant plus qu’on peut établir plus de passerelles qu’on ne le croit entre associatif, institutionnel et monde de l’entreprise ! » De plus en plus habité par la question de la lutte contre le chômage, dont il constate tous les jours les ravages, le dirigeant de PME se jette dans une nouvelle bataille électorale : il créé sa propre liste à Essey-lès-Nancy, cesse de travailler, et se donne neuf mois pour en rencontrer tous les habitants. L’énergie aussi bouillonnante que communicative, il rassemble autour de sa personne pour mieux faire émerger des idées : « On a réussi à mettre autour de tables des gens qui ne se seraient jamais adressé la parole ! » Là encore, son vœu permanent de mixité sociale fait des étincelles et si le candidat n’emporte pas la mairie, il retire de l’expérience des quantités d’idées glanées « au fil du bon sens », pour contrer l’isolement ou le chômage, « des plaies » qui le désolent.

De retour à la vie professionnelle entre agence et faculté, Radoine Mebarki fait le constat, avec ses confrères de l’Université de Lorraine, Jean-Luc Prévot, directeur de l’IUP Finance, Ivan Noetinger et Bruno Rostaing que, D’ici quelques années, faute de repreneurs, 600 à 650 000 entreprises se retrouveront dénuées de pilote. d’ici quelques années, faute de repreneurs, 600 à 650 000 entreprises se retrouveront dénuées de pilote. Forts de leur expérience au sein de l’IUP Finance qui peut se targuer de voir placé chaque année 100% de son effectif dans un emploi, les trois formateur et leur directeur remuent ciel et terre pour créer un Diplôme universitaire (DU) en repreneuriat. Et là encore, notre homme a à cœur de fédérer les institutions, les associations, et le monde des affaires. « On a convaincu l’université, Pôle Emploi et les entreprises, qui soutiennent le projet financièrement et bénévolement, puisque de nombreux chefs d’entreprises vont parrainer nos étudiants. Mais le vrai tour de main a été de convaincre les banquiers, détaille-t-il, pour qu’ils accordent leur confiance à nos diplômés dans leurs futurs prêts ! Notre job c’est de donner de la confiance, encore faut-il que les banques suivent ! » Pour l’heure, le projet cherche ses « pépites » pour leur apprendre la passation d’entreprise : « On a un fort taux de chômage et des centaines de milliers d’entreprises qui attendent des repreneurs, notre seul critère de sélection pour intégrer ce DU, c’est la motivation des individus. On arrêtera quand il n’y aura plus de chômage ! », scande-t-il.

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