(© Luc Bertau)
« Je suis une femme d’extérieur ». Une femme d’exception, sans doute aussi. Drôle et rayonnante, la Messine Nicole Faessel est de ceux qui vous donnent vite le tournis. Elle additionne les engagements, multiplie les initiatives, sans soustraire ou négliger ses propres désirs, de voyages, de lectures, d’écritures, de rencontres. Le total est un tourbillon.

On peut la résumer d’un premier mot : amoureuse. De Metz, d’abord. « Je reçois une bouffée d’oxygène lorsque j’aperçois le Mont Saint-Quentin ». Racines, naissance, enfance, études, vies sociale et professionnelle, tout est Messin chez Nicole Faessel. Il y a bien eu un accident de parcours, lorsqu’elle s’en est allée passer son doctorat… à Nancy. Diplômée en droit, elle l’enseigne à l’IUT du Technopole et à Supélec Metz, là où phosphorent de futurs ingénieurs. Nicole Faessel intervient également auprès d’élèves infirmiers sur des questions liées au droit social : « J’évoque par exemple le statut juridique de l’embryon ou les questions liées à la fin de vie ».

Dans cet univers du droit, son père, Roger Faessel, a baigné aussi. Un juge et président de chambre de Cour d’appel connu et réputé. À Metz toujours, son grand-père paternel était assureur et ses grands-parents maternels maraîchers au Sablon. Et c’est pour le compte de la Ville de Metz qu’elle entame une première carrière de médiateur social et scolaire.

Elle poursuit dans la médiation d’entreprise, sous le statut de consultante, dans le cadre d’une association qu’elle a créée, appelée par des sociétés aux formats divers, dont Saint-Gobain, « Ma vie est un manège et le pivot de ce manège, c’est Metz. Un noyau très dur ».pour dialoguer avec les salariés sur des sujets variés tels que la prévention des accidents ou les responsabilités civile et pénale. Au final, une relation gagnant-gagnant, se réjouit Nicole Faessel : « J’ai amené la connaissance théorique, ils m’ont apporté la pratique, si bien que mes cours sont très complets ».

Son intérêt et sa tendresse pour Metz l’ont un jour conduite à faire une descente dans le petit monde politique, à l’occasion des municipales de 2014. Nicole Faessel est seizième sur la liste de son amie Marie-Jo Zimmermann. Elle entre en politique aussi vite qu’elle en sort. Une courte aventure, qu’elle relate avec philosophie et humour : « J’ai perdu une élection mais j’ai gagné beaucoup d’amis ».

De ses amis, en voici une du premier cercle, copine d’enfance et d’école, Nathalie Griesbeck. La députée européenne, pas dépourvue d’humour non plus, s’amuse parfois à questionner son entourage : « Êtes-vous déjà montés sur le manège de Madame Faessel ? » Nicole confirme : « ma vie est un tourbillon, j’ai la fièvre des voyages et je suis une femme d’extérieur. Ma vie est un manège et le pivot de ce manège, c’est Metz. Un noyau très dur ». Vous y monterez peut-être un jour, si ce n’est déjà fait.

Sachez donc que le manège parfois ralentit et que sa capitaine jette l’ancre sur l’une ou l’autre station. Il y a la station littéraire. Auteur, Nicole Faessel a écrit sur des aquarelles d’André Flori – chez Serge Domini Éditeur – un magnifique « Metz Belle Époque ». Lectrice, elle est « fidèle aux classiques, Montesquieu, Voltaire, Diderot » ou, comme une indispensable exception confirmant la règle, Amélie Nothomb. « J’ai beaucoup plus de plaisir à lire ça que le code de procédure pénale ».

Elle est une lectrice généreuse et partageuse, animatrice de cafés et rencontres littéraires, autour d’écrivains confirmés et célèbres – elle a déjà reçu Stéphane Bern, Irène Frain, Élise Fischer, Philippe Claudel, Gonzague Saint Bris… – ou de jeunes pousses prometteuses, pas toujours jeunes d’ailleurs, que Nicole Faessel cale une heure sous les projecteurs. Elle les accueille au cours d’un entretien public et placé sous l’égide de l’APAC, Association Plumes À Connaître. Une APAC à mi-chemin entre la station littéraire et la station solidaire, celle-ci étant largement occupée par sa présidence du Club Soroptimist.

À la station Histoire, elle vous embarquera dans un autre entre-deux, au cœur d’un intervalle nourri par le souci du passé et l’idée d’avenir, au CHEL, Comité d’Historicité Européenne de la Lorraine. « Ce comité étudie les phénomènes du passé pour mieux se projeter dans l’avenir ». Cette vie de manège flamboyant valait bien une Légion d’honneur. « Une légion d’horreur ! », tranche Nicole Faessel, dont le souvenir de sa maman décédée le jour de la remise officielle, l’émeut toujours tristement.