(©Louis Vincent)

À l’instar du concert mettant en vedette la mezzo-soprano Magdalena Kožená, programmé un peu plus tôt en avril (LA VOIX ET LE CHARISME), la soirée du 23 sera placée sous le signe des retrouvailles, puisque l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg recevra Emmanuel Krivine, qui en fut le directeur de 2006 à 2015. Le Grenoblois, désormais attaché au Scottish Chamber Orchestra, veillera au grain au cours de cette soirée grand-ducale consacrée à Richard Strauss et Arnold Schönberg. Concernant le premier, le public aura droit à Métamorphoses, un des ultimes chefs-d’œuvres du compositeur allemand, avec Capriccio et Quatre derniers Lieder. Cette pièce, qui correspond à sa période « l’été indien », après celles des poèmes symphoniques et des opéras, a été écrite pour 23 instruments à cordes dans un climat de douleur. Nous sommes en effet face à un homme anéanti par les ruines de sa ville natale de Munich détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier l’opéra, ce qui fera dire à Strauss qu’il s’agit de la plus grande catastrophe de sa vie. Musicalement, ce Métamorphoses est constitué d’un adagio d’une trentaine de minutes, soit le plus long depuis les adagios de Bruckner. Quant au second, il revivra par le biais de La Nuit transfigurée, qui était à l’origine un sextuor à cordes (deux violons, deux altos et deux violoncelles). Oeuvre la plus populaire de Schönberg, cette pièce imprégnée de romantisme est considérée comme l’héritière directe du célèbre Tristan et Isolde de Wagner. Jouée pour la première fois à Vienne le 18 mars 1902, elle a vu sa partition étoffée au fil des années. Il s’agit de l’interprétation musicale chargée d’émotion d’un poème consacré à un amour si profond, si sincère et authentique que cela rejaillit sur la nuit.

Le samedi 23 avril à 20h
Au Grand Auditorium
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