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À Metz, 200 demandeurs d’asile, notamment des enfants et des bébés, venant pour la plupart des Balkans, ont passé l’été dans des conditions déplorables sur le tristement célèbre camp-Blida. Depuis des semaines, le réseau d’association Résam demandait la création, en urgence, d’un Centre de premier accueil. Le 26 septembre dernier, la Préfecture et la Ville de Metz ont pris des mesures.

Tout au long de l’été, près de 200 personnes se sont entassées dans des tentes et des abris de fortune, sur un petit parking, à proximité du Dispositif de Premier Accueil (DPA), avenue de Blida à Metz. « Dans des conditions épouvantables », affirme Hélène Leclerc, coordinatrice du Réseau de Solidarité des Associations Messines (Résam), « ces personnes ne disposaient pas même de toilettes et de point d’eau. La situation a changé, le 16 septembre, avec l’installation de 6 toilettes, posées au bord de la route et l’ouverture d’un point d’eau, par les services de la mairie de Metz. Mais cela restait insuffisant ». On sait que la plupart d’entre eux sont en mauvaise santé et que parmi eux, on compte de nombreux enfants, y compris des bébés âgés de quelques mois à peine.Surtout quand on sait que la plupart d’entre eux sont en mauvaise santé (gale, problèmes urinaires et intestinaux) et que parmi eux, on compte de nombreux enfants, y compris des bébés âgés de quelques mois à peine.

Comment en est-on arrivé là ? Cela faisait des mois que des familles entières arrivant des Balkans (Bosnie, Kosovo, Albanie et Serbie) se concentraient autour du DPA où elles peuvent effectuer leurs premières démarches administratives. Les services de l’État chargé de leur trouver des solutions en matière de logement réussissaient tant bien que mal à répondre aux besoins récurrents. Mais courant août, le nombre d’arrivants a considérablement augmenté passant de 200 personnes par mois à plus de 334, rien que pour ce mois. Un flux que les services étatiques peinent à gérer, notamment car l’offre en lieu d’accueil semble se tarir. Il conviendrait donc, à ce titre, d’élargir le périmètre de recherche.

Face à cette situation, les associations du Résam (et d’autres) ont paré au plus urgent. Le réseau qui fédère une petite trentaine d’associations impliquées dans l’action sociale, réclamait également la création d’un Centre de premier accueil pouvant accueillir environ 200 personnes. « Tout simplement pour faire en sorte que ces demandeurs d’asile ne restent pas dans la rue. Il s’agit de leur offrir un lieu pour dormir, pour prendre une douche et se faire soigner. Les plus vulnérables, notamment les femmes seules et les familles avec de jeunes enfants, seraient également en sécurité. Cela ne coûterait pas grand-chose, il suffirait de placer des Algecos dans un bâtiment désaffecté, par exemple », insiste la présidente.

Le Préfet de la Moselle et le Maire de Metz, ont annoncé que, fin septembre, le camp de Blida devait être, une fois encore, démantelé.Sollicitée à plusieurs reprises, durant l’été, par le réseau pour créer ce lieu d’accueil, la Préfecture n’a pas réagi, selon les associations. Mais quelques jours après une conférence de presse, organisée par le Résam pour qu’une solution soit trouvée, Emmanuel Berthier, Préfet de la Moselle et Dominique Gros, le maire de Metz, ont, à leur tour, communiqué. Pour annoncer que fin septembre, le camp de Blida devait être, une fois encore, démantelé.

Les familles sont relogées dans des hébergements d’urgence à quelques centaines de mètres de là, ou, le cas échéant, reconduits à la frontière (en principe, ils seront nombreux dans ce cas car les Balkans ne sont pas considérés comme étant des zones dangereuses). Une équipe mobile de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) est également mobilisée pour que le traitement des dossiers soit accéléré. Cette décision intervient alors qu’une centaine de migrants sont attendus dans le département suite au démantèlement de la jungle de Calais.