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Originaire de Briey, entre Metz et Thionville, Nathalie Maillet, est la directrice du Circuit de Spa-Francorchamps, en Wallonie, depuis juillet dernier. Son ambition : faire entrer le célèbre circuit belge dans l’ère digitale, avec pour priorité d’offrir au public de nouvelles expériences riches en émotions.

Comment devient-on directrice de l’un des circuits automobiles les plus connus au monde ?

Je suis moi-même pilote donc le sport automobile est dans mon ADN. Avant de prendre la direction du circuit, j’avais mon propre cabinet d’architecte (Nathalie Maillet a fait ses études d’architecture à Londres), ce qui m’a permis de développer des compétences managériales, environnementales et en matière d’aménagement d’espaces. J’avais donc des compétences me permettant d’embrasser le Circuit et ses projets de développement dans leur globalité. Ce job est vraiment au carrefour de mes deux passions : la course automobile et l’architecture. En ce qui concerne le « comment », j’ai tout simplement été contactée par le cabinet de recrutement en charge de la sélection de candidats pour le poste. Après avoir passé les diverses étapes de sélection dont une présentation de son plan stratégique pour le Circuit, le choix du Conseil d’administration s’est porté sur ma candidature.

Vous pilotez encore ?

J’ai commencé à piloter à mon retour de Grande-Bretagne, même si ma passion pour le sport automobile remonte à plus longtemps encore. Je n’ai plus participé à des courses (Fun Cup et Roadster Cup) depuis mon entrée en fonction, par manque de temps. Si l’occasion se présente et mon agenda me le permet, je reprendrai le volant, de temps à autre.

Quelles sont vos ambitions pour le circuit ?

Créer le plus beau circuit du monde au service de l’excellence et cela tant pour les pilotes qui empruntent la piste que pour les spectateurs car, comme je le dis toujours, le public est notre patron.

En direction du public, comment cette quête d’excellence se traduit-elle ?

Cela passe par une meilleure compréhension de ses envies afin qu’il participe aux événements du circuit et de le fidéliser. On doit développer des rendez-vous dédiés aux familles, en plus de ceux destinés aux fans de sports moteurs, en diversifiant les programmes en basse saison et en construisant le circuit autour de l’émotion et des sensations. Cela implique, notamment, d’organiser des shows spectaculaires comme aux USA. Le circuit doit aussi devenir une référence touristique et de divertissement. Je souhaite qu’on le visite comme on passe un week-end à Bruges, comme on visite l’Atomium. Pour tout cela, il faut créer un lien fort, un échange.

La « transversalité numérique » que vous évoquez vise, notamment, à consolider ces échanges ?

Notre stratégie, plus globale, est de parvenir à créer un circuit 100% connecté. Nous travaillons à ouvrir le circuit à l’univers virtuel car c’est la technologie qui nous permettra d’abolir les frontières, dans une relation basée sur l’échange. Il faut partager la vie du circuit. Les sports mécaniques et le tourisme, les deux secteurs d’activités que nous représentons, sont à un véritable tournant au niveau de la digitalisation. La réalité augmentée y tient, notamment, une place importante. En cela, nous nous inscrivons pleinement dans la stratégie numérique de la Wallonie, Digital Wallonia, initiée par le Ministre de l’Economie et du Numérique et qui vise à faire de la Région une terre d’excellence numérique.

Donnez-nous quelques exemples d’outils que vous comptez déployer ?

La révolution virtuelle permet d’envisager beaucoup de choses comme, par exemple, d’entrer dans une voiture ou de faire un tour de piste assis dans son canapé. La piste sera, elle aussi, connectée, nous voulons renforcer les informations destinées au public grâce à des panneaux interactifs qui permettront de mieux suivre les courses. Cela renforcera aussi la sécurité pour les pilotes. Nous allons également développer un projet touristique d’envergure dans le cadre du centenaire du Circuit avec des constructions d’une cinquantaine de m2, qui auront la forme d’un casque de pilote. Nous ferons appel au public pour ce projet afin que ceux qui le souhaitent partagent « leurs mémoires » au travers de photos et de vidéos liés au circuit et à son histoire.

Un calendrier a été établi ?

Ces projets verront le jour avant 2020, année durant laquelle nous fêterons le centenaire du circuit de Spa-Francorchamps. D’ici là nous accueillerons bon nombre d’évènements, notamment le prochain Grand-Prix de Belgique de F1, ce sera les 25, 26 et 27 août.