La chanteuse américaine Stacey Kent continue à consommer son amour de la bossa nova. Avec son précédent album The Changing lights, elle reprenait une collection de standards brésiliens, avant d’enregistrer la même année son premier live aux côtés du compositeur/chanteur/claviériste brésilien Marcos Valle, à l’occasion des cinquante ans de carrière de ce dernier : Ao Vivo réunissait de grands classiques du musicien ainsi que de nouvelles chansons composées spécialement pour Stacey Kent. Sa rencontre avec la légende de la guitare bossa Roberto Menescal donne aujourd’hui naissance à Tenderly, qui explore quant à lui le Great American songbook, ce répertoire de la musique populaire américaine des années 20 à 60 cher au cœur des deux artistes, au son des échos cariocas du guitariste.
Il ne pouvait y avoir de meilleur choix que celui de la chanson composée en 1946 par Walter Gross pour baptiser l’album. Tendrement : voici le maître-mot de cette sélection, qui vient à l’esprit aussi bien à l’écoute de la voix envoûtante de Stacey Kent que lorsque se dévoilent la personnalité et le jeu subtil et discret de Menescal. Le duo entretient tout au long des douze titres une intimité palpable qui nous transporte sur un nuage de douceur et de volupté. Tangerine, Only trust your heart, If I had you… autant de standards jazz cuisinés à la sauce bossa, délicatement relevés, sublimés par l’interprétation de Jeremy Brown à la contrebasse, Graham Harvey au piano et à la Fender, Josh Morrison à la batterie et Jim Tomlinson au saxophone. La complicité du guitariste et de la chanteuse est telle que les répertoires, les esthétiques, revisités avec talent, opèrent une fusion naturelle qui s’immisce dans nos oreilles et dans nos synapses comme le plus délicieux des cocktails.