La Philharmonie Luxembourg accueillera, le jeudi 7 mai, un des chefs d’orchestre les plus doués et les plus précoces de sa génération. Le Britannique Daniel Harding, à la direction de l’Orchestre philharmonique de Vienne profitera de son escale grand-ducale pour emmener, entre autres, une œuvre de Gustav Mahler, auquel il voue une grande passion.

Vienna-Philharmonic (© Richard Schuster)La présence de Daniel Harding, le 7 mai prochain dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg, n’a rien de surprenant quand on sait que le programme comporte une pièce du répertoire de Gustav Mahler, Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre), dans lequel le natif d’Oxford puise allègrement ces dernières années. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a reçu le titre de chef d’orchestre émérite du Mahler Chamber Orchestra, qu’il a dirigé. Une institution fondée en 1997 par Claudio Abbado, dont il fut l’assistant en 1996 au sein de l’Orchestre philharmonique de Berlin. L’Autriche sera à l’honneur lors de cette soirée où l’on entendra aussi la plus récente création de la compositrice Olga Neuwirth, Masaot/Clocks Without Hands. Une commande de l’Orchestre philharmonique de Vienne, qui présidera ce concert.

Doté d’un appétit vorace pour la musique, le maestro britannique, qui fut trompettiste dans sa jeunesse, aura connu des débuts explosifs. « Une carrière au grand galop », comme l’a écrit un jour un journal à son sujet. À en croire son mentor Sir Simon Rattle (il fut anobli en 1995), qui le prit sous son aile dans le Birmingham Symphony Orchestra, au début des années 90, il avait déjà l’étoffe d’un chef à l’âge de 16 ans. Il se paie d’ailleurs le luxe de diriger l’Orchestre philharmonique de Berlin, du haut de ses 21 printemps. Mais c’est sans aucun doute sa prestation lors du festival d’Aix-en-Provence, où on lui confiera, en 1998, la première de Don Giovanni, à seulement 23 ans, qui marquera son entrée dans la cour des grands. L’intéressé ne l’a pas oublié, lui qui est resté fidèle à ce rendez-vous créé en 1948 et qui est considéré comme l’un des grands festivals d’art lyrique européen.

Invité régulièrement à diriger de prestigieux ensembles, de Chicago à Vienne en passant par Amsterdam et Paris – la formation de ses débuts, qu’il a retrouvée l’an passé lors d’un concert dédié à Mozart, Mahler et Strauss -, Daniel Harding incarne le chef d’orchestre par excellence, en raison de sa polyvalence. Ses tempos très rapides et son énergie sont régulièrement cités pour expliquer son succès. Encore aujourd’hui, à l’aube de ses 40 ans, il reste un des plus doués à son poste, même si sa trajectoire insolente a connu quelques turbulences. L’enfant prodige est en effet passé par des périodes difficiles après sa surexposition médiatique, d’aucuns estimant que son éclosion précoce ne lui a pas permis de mûrir ses partitions. Mais cela est chose du passé pour le directeur de l’Orchestre symphonique de la Radio Suédoise, toujours aussi déterminé. Comme lors du remplacement au pied levé du Russe Kirill Petrenko, en décembre dernier à Berlin. Ce soir-là, il s’est aussi porté au secours de Mahler. Une évidence.

Le jeudi 7 mai, à 20h,
Dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg
Tél. : (+352) 26 32 26 32
www.philharmonie.lu


DU TIMBRE ET DU COFFRE

Matthias Goerne (© Borggreve)Les voix qui se feront entendre le 7 mai dans le Grand Auditorium appartiennent au gratin international. Commençons par le baryton Matthias Goerne (notre photo). Son timbre puissant et chaud, mais aussi la pureté de ses interprétations, en font un invité très demandé. Depuis le festival de Salzbourg de 1997, qui marqua ses débuts dans l’opéra, le chanteur lyrique s’est inscrit comme le digne héritier de Dietrich Fischer-Dieskay, dont il fut l’élève. Il est aussi reconnu comme l’un des meilleurs interprètes des Lieder, ces poèmes germaniques chantés.

Le ténor, très wagnérien, Klaus Florian Vogt est une autre pointure vocale. Son parcours musical atypique, lui qui fut d’abord corniste au sein de l’Orchestre Philharmonique de Hambourg, mais aussi son charisme et sa voix puissante et endurante, ont frappé les esprits. Si certains lui reprochent parfois d’être un interprète trop lisse, personne ne peut nier l’incroyable aisance de ce père de famille et sportif accompli, qui préfère son mobil home aux chambres d’hôtels. Un personnage décidément à part !