Metz durant la guerre de 14-18 sous l’angle de ses habitants. Voilà ce que raconte Pierre Brasme dans son dernier ouvrage, conçu à partir du journal tenu rigoureusement par une de ses habitantes, Jeanne Haas. Précieux !

C’est un joli trésor qu’a déterré Pierre Brasme pour en faire un livre. Un trésor enfoui dans les archives de l’Académie nationale de Metz, dont il est le vice-président. Ce trésor, c’est le journal écrit par Jeanne Haas, une dame de la bourgeoisie locale mariée à un vétérinaire. Il débute le 24 juillet 1914, alors que la paix ne tient plus qu’à un fil, et s’achève 714 pages plus loin, le 18 novembre 1918, à la veille de l’entrée officielle des troupes françaises dans la ville. « Elle a écrit pratiquement tous les jours, racontant la vie quotidienne des Messins durant la Grande Guerre », précise, admiratif, l’un des fondateurs du Salon du Livre d’Histoire de Woippy.

Durant quatre ans, il s’est échiné sur l’établi de la vérification, ratissant la moindre erreur ou approximation. Il en résulte un ouvrage de 240 pages, richement illustré et truffé de notes. « Je ne voulais pas faire un copier-coller de son volumineux carnet. Ce qui m’intéressait avant tout, c’était de faire ressortir ce que vivaient les habitants à l’époque », ajoute celui qui compte déjà 24 publications à son actif, en incluant le dernier-né.

Metz, une ville dans la guerre 1914-1918 s’attarde sur trois aspects mis en relief par Jeanne Haas. D’abord les bruits liés à la guerre, à commencer par celui des soldats dans une cité-forteresse qui compte alors 22 casernes. Ensuite celui des canons, si familiers aux tympans messins qu’un silence prolongé devient suspect. Enfin celui des avions, alors que les raids aériens français – plus de 700 visites durant le conflit – concentrent leurs attaques sur la gare de marchandises de Metz-Sablon, ces bombardements faisant de nombreuses victimes parmi les civils. Les pénuries qui pousseront la ville au bord de la misère dès 1916, donnant parfois lieu à des scènes de bagarre entre femmes au marché, et les mesures liées à l’état de siège mis en place dès le 31 juillet 1914, trouvent écho dans ce livre qui, selon son auteur, « comble un vide dans l’historiographie messine ».