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La Wallonie a bloqué la signature de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe. Enfin, provisoirement puisque le parlement wallon a finalement décidé de valider le Ceta.

Paul Magnette, le chef du gouvernement wallon s’est fait connaître à l’international en ce mois d’octobre, la Wallonie ayant décidé de ne pas signer l’accord Ceta (Comprehensive Economic and Trade Agreement, ou accord économique et commercial global), l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe. Le document était prêt, le fruit de plus de sept ans de négociations et de travail. Mais « non » avait fait savoir Paul Magnette, enterrant ainsi l’accord, la Belgique ne pouvant le ratifier (l’assemblée wallonne dispose des mêmes pouvoirs qu’un parlement national). Enfin, un enterrement très ponctuel, puisque le parlement de Wallonie, mais également ceux de Bruxelles-Capitale et de la Communauté francophone, a finalement accepté, le 27 octobre, de valider le traité.

En Wallonie, la motion du Parlement demandant au ministre-président Paul Magnette de « donner délégation » au gouvernement fédéral pour qu’il appose la signature de la Belgique au Ceta, a même été largement approuvée : 58 voix pour et 5 contre. Pourquoi un tel retournement ? « Le Ceta corrigé est plus juste que l’ancien Ceta, il offre plus de garanties, et c’est celui-là que je défends devant vous », a indiqué le dirigeant socialiste lors de la séance plénière extraordinaire. La création d’un « instrument interprétatif juridiquement contraignant » (le fonctionnement des tribunaux d’arbitrage posait problème) et des « clarifications essentielles » en matière de « sauvegarde agricole » (le secteur agricole était au cœur des réserves wallonnes), auraient été obtenues, selon Magnette. La ratification par l’ensemble des partenaires concernés devrait prendre encore quelques semaines. La Commission européenne doit également reprendre le traité pour opérer les modifications « wallonnes » qui doivent être validées par tous les Etats membres.