Un escalier, des couloirs qui courent à l’infini, des bureaux qui ne ferment pas… Cela ressemble à ça, l’intérieur du « 36, quai des Orfèvres », l’adresse de la police française. Un mythe. C’est cet univers que nous fait découvrir Matthieu Frachon. Ancien grand reporter pour France Soir mais également spécialiste de l’histoire de la police et membre de la Société Française d’Histoire de la Police, il connait bien l’endroit et son histoire.

À partir d’archives, l’auteur nous invite à pénétrer en les murs de cette institution qui a évolué au gré de l’Histoire, des événements politiques et des progrès de la science, « troquant la plume Sergent-Major contre l’ordinateur portable, la loupe contre les tests ADN, la traction avant contre la Ford Mondeo… ». A la découverte du mythe mais aussi des Hommes qui ont fait sa légende.

Ils ont été des milliers à arpenter les couloirs de l’institution policière, en haillons de miséreux, en haut-de-forme, en chapeau melon, en jean… « On songe à la Criminelle – la Rolls des services de police -, mais aussi à la Brigade de répression du banditisme, à la Mondaine, à l’Antigang… ». Les criminels et les policiers les plus célèbres s’y sont croisés. Les Buisson, Mesrine, Guy Georges et autres gangsters, terroristes et assassins ont « fréquenté » les lieux.

Bien évidemment, le portrait serait incomplet sans évoquer l’icône : Maigret, le policier « à la française », cher à Simenon. Humain, intuitif, accoucheur des âmes dont on apprend qu’il a été créé à partir de deux modèles, « le commissaire Marcel Guillaume et le commissaire Massu qui a traqué Petiot en 1944 », précise Matthieu Frachon. Tout cela est superbement décrit et l’ouvrage se lit comme un roman… d’aventures.