Avec Muance, son sixième album, le messin Chapelier fou continue de tisser sa toile pour mieux nous envelopper dans ses univers rêveurs, tout en développant les liens entre musique électronique et acoustique.

Chez Louis Warynski alias Chapelier fou, technique méticuleuse et travail opiniâtre se mêlent à la sensibilité et à l’instinct, donnant à ses compositions une allure à mi-chemin entre la pièce d’orfèvrerie et l’organisme vivant. « Au fil des morceaux et des années se dessine une topographie faite de ramifications plus que de ruptures. Ma musique connaît une évolution douce » décrit le musicien.

Le titre de son nouvel album, Muance, mot-valise entre « mutation » et « nuance », met en évidence la sensation de progression permanente des couleurs et des motifs que l’on ressent à son écoute. De Philémon à Cavalcade, aux rythmiques imparables, en passant par les atmosphériques Artifices ou Stiiitches, chaque morceau de Muance suscite à vrai dire un mélange de contemplation et d’excitation.

Toujours avec subtilité et sens de l’harmonie, quelques sonorités technoïdes viennent accompagner le son discret du violon, compagnon inséparable de Chapelier fou, les synthétiseurs côtoient l’alto, le violoncelle et la clarinette de musiciens invités ; une première sur disque pour le messin. « Leurs instruments apparaissent par touches dans mes compositions, mais leur présence sur Muance est précieuse et irremplaçable, note Louis. C’est drôle parce que pour la première fois, quand j’utilisais leurs sons, je voyais des visages derrière ! »

Chapelier fou puise également dans des vinyles de jazz et de musiques traditionnelles ; sur Muance, on entend la flûte péruvienne ainsi que la bandoura et la balalaïka, clins d’œil à ses origines ukrainiennes. « J’aime les enregistrements un peu « sales », plein d’accidents et de ruptures. Je préfère que ça sonne mal mais que ça ait de la personnalité, l’important étant de faire avant tout un disque qui me ressemble. » 

Muance, chez Ici d’ailleurs
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