L’Irlande, ce n’est pas que Dublin, c’est aussi Galway. Cette ville jeune et dynamique de la côte ouest est à l’image de sa célèbre rue Quay : festive et colorée ! On y dénombre quelques festivals d’importance qui témoignent de son sens de la fête,  avec pour compagnons indispensables la bière et la musique, un duo de choc au pays du trèfle. (Photos : Galway City Museum / DR)

Si vous sillonnez l’ouest de l’Irlande, profitez-en pour faire escale à Galway et dans la région du Connemara, située dans le même comté (lire ci-dessous). La 4e ville du pays exhale un parfum de convivialité typique de cette nation qui a l’hospitalité tatouée sur le cœur. Et quoi de mieux qu’une soirée dans un pub pour mesurer le sens de la fête de ses citoyens. Galway ne fait pas exception. Sa célèbre rue Quay, une artère commerçante animée et pittoresque, en dévoile quelques-uns, dont le Quays. Une fois à l’intérieur, on est saisi par le cachet de cet établissement réputé dont le décor vous transporte à bord d’un vieux galion sous des lumières en cuivre tamisées. Il va sans dire que les amateurs de musique traditionnelle en prendront plein les tympans dans cette ville étudiante bordée par l’Atlantique où les bars valent amplement une messe, dans une atmosphère bon enfant propice aux rencontres, avec l’immuable ravitaillement au comptoir.

Le sens de la fête chevillé à cette cité fondée au 12e siècle s’exprime aussi à travers les festivals, comme le Guinness Amplify (septembre), consacré aux étoiles montantes de la scène irlandaise, dans un registre oscillant entre tradition et modernité. Ou encore le Galway International Oyster Festival, qui fera saliver les amateurs d’huîtres, un classique au pays du trèfle, avec une bonne rasade de bière et de musique pour accompagner les dégustations.

Les pubs et les festivals ne sont bien entendu pas la seule manière de s’imprégner des lieux. L’Histoire en est une autre. Le touriste pourra par exemple s’arrêter au Galway City Museum sans débourser un kopeck. Cette enceinte à l’architecture très moderne abrite une vaste collection d’objets culturels et historiques sur une période allant de la Préhistoire à nos jours. Les férus de monuments ne seront pas en reste dans la patrie du hooker, un bateau créé à Galway au 18e siècle, reconnaissable à ses trois voiles rouges et sa coque noire. Parmi les trésors à découvrir figure le Doughiska Castle, une tour de 3 étages datant du 16e siècle dont la visite se cantonne au rez-de-chaussée en raison de sa grande fragilité.

La Collegiate Church of St Nicholas, une des églises médiévales les mieux préservées du pays, fait aussi partie des curiosités, avec pour particularité d’avoir été le premier lieu de culte en Irlande à célébrer un mariage homosexuel. C’était en septembre 2002. Bien plus imposante, la cathédrale Notre-Dame érigée sur un ancien centre pénitentiaire séduira aussi le visiteur, surtout si ce dernier s’aventure dans les entrailles de cet édifice à l’apparence austère construit entre 1958 et 1965. L’intérieur révèle un superbe toit sculpté, mais aussi des mosaïques et de grands vitraux.

Une petite balade pour terminer ? Pour se dégourdir les jambes, rien de tel qu’une incursion dans le luxuriant Merlin Woods Park, une forêt située en périphérie. Un concentré de faune et de flore où les imposants pins de Norvège, sycomores, noisetiers et autres chênes participent à la magie de cette escapade dépaysante. Les romantiques pourront quant à eux arpenter Salthill Beaches, au sud de la cité, présentée comme une des 5 plus belles plages de la région. Cadre tout indiqué pour une promenade ou une baignade (en été), ce lieu assure calme et tranquillité. Galway les pieds dans l’eau, c’est bien aussi.


Le bel enfer du Connemara

Galway Abbaye de Kylemore (© DR)

Situé dans le comté de Galway, le Connemara vaut assurément le détour, en dépit d’un climat humide et venteux qui a bâti sa réputation et soufflé les strophes de la célèbre chanson de Michel Sardou. Ce vaste territoire, qualifié de « beauté sauvage » par Oscar Wilde, dévoile des paysages somptueux où se dressent des montagnes sombres dominant de grandes étendues de landes rousses. Terre d’innombrables lacs, torrents et tourbières, où il n’est pas rare de croiser un mouton ou un poney – deux animaux emblématiques de cette région ensorcelante – le Connemara abrite quelques trésors.

La romantique abbaye de Kylemore (notre photo), avec ses magnifiques jardins, en est un, tout comme les falaises de Moher, le surprenant plateau de calcaire gris du Burren, ou encore le village pittoresque de Leenane et son petit port. Le genre d’endroit où le temps semble s’être arrêté, impression renforcée dans le pub Gaynor’s, où les discussions coulent autant que la bière dans les pintes. Un lieu qui a contribué à la notoriété de cette petite localité, lui qui a servi de décor à l’adaptation cinématographique de The Field, une pièce de John B. Keane, sortie en 1990.

Leenane est bordé par le Kyllary Harbour, le plus long fjord d’Irlande (16 km), qui sert de frontière naturelle entre les comtés de Mayo et de Galway. Difficile de rester insensible, et de ne pas dégainer son appareil photo ou son téléphone portable, face au spectacle offert par ce géant dont les eaux sombres contrastent avec les sommets dépouillés alentours. Magique, tout simplement.