Maire de Basse-Ham durant 28 ans et désormais sénateur, Jean-Marie Mizzon a toujours eu le terrain à cœur. Le président de l’Association des maires ruraux de Moselle compte bien faire entendre la voix des petites communes sous les ors de la République, à commencer sur la question de l’eau et de l’assainissement, un de ses premiers dossiers. (Photo : © Luc Bertau)

C’était le 22 octobre dernier. Jean-Marie Mizzon transmettait le flambeau de maire de Basse-Ham à Bernard Veinnant. Après 28 ans à diriger le navire, le débarquement a été vécu comme un deuil. « Un moment difficile » qu’il n’a pas encore complètement digéré. « Mais le temps fera son œuvre », concède-t-il avec quelques résidus d’émotion dans la voix.

Depuis septembre dernier, cet amateur d’opéra est devenu sénateur de la Moselle. « Un monde à part », souffle-t-il en repensant à ses premiers pas au Palais du Luxembourg, un lieu chargé d’Histoire dont la solennité l’a impressionné. Dans le sillage de cette élection nationale, il a dû faire une croix sur ses fonctions exécutives locales, comme l’y oblige la nouvelle réglementation sur le cumul des mandats.

Exit donc son fauteuil de premier magistrat hamois, mais aussi son poste de vice-président en charge des transports au sein de la communauté d’agglomération Portes de France-Thionville, ainsi que la présidence du Syndicat mixte des transports urbains Thionville Fensch (Smitu). Un autre rythme s’est installé, avec un enchaînement d’allers-retours entre Paris et le département géré par Patrick Weiten qu’il a d’abord mis à profit pour prendre ses marques. Encore en rodage, le parlementaire confesse apprendre beaucoup dans ses nouveaux habits, loin de certaines idées reçues. « Contrairement à ce que les gens pensent, les sénateurs travaillent beaucoup et se voient souvent, et puis ils se respectent. »

Le natif de Thionville souhaite donc continuer à défendre la cause de toutes ces localités qu’il considère comme «les laissées-pour-compte des réformes territoriales». S’il reconnaît que sa nouvelle vie sera chronophage, Jean-Marie Mizzon est bien décidé à maintenir le lien qui l’unit aux élus locaux, lui qui a déclaré qu’il serait leur fidèle serviteur et préside l’Association des maires ruraux de Moselle. « Rien n’est pire que de s’enfermer dans la bulle du Sénat », assène celui qui croit dur comme fer aux vertus de la proximité. Son plan est déjà tout tracé : « Je compte aller deux fois par semaine à Paris et le reste du temps me consacrer au terrain », prévient-il. « Sauf le dimanche après-midi, et ça ce n’est pas négociable », croit-il bon d’ajouter. Un créneau qu’il entend bien consacrer à sa famille.

En rejoignant la Haute Assemblée, après avoir songé à être candidat aux Législatives, le natif de Thionville souhaite donc continuer à défendre la cause de toutes ces localités qu’il considère comme « les laissées-pour-compte des réformes territoriales ». Il a commencé à le faire au sein d’une commission mixte, composée de 7 députés et de 7 sénateurs, qui porte sur la question de l’eau et de l’assainissement, un dossier qui fait grincer pas mal de dents. « La loi oblige les communes à transférer cette compétence aux intercommunalités. Le Sénat avait fait une proposition pour rendre cette obligation optionnelle, ce que l’Assemblée nationale a refusé. La question de l’eau potable a été réglée depuis longtemps en France et cette nouvelle donne va compliquer les choses », grince le sénateur.

Celui qui fait partie du groupe des centristes de l’UDI au Palais du Luxembourg, après avoir fait campagne sans étiquette, veut aussi donner toute sa place au débat et à la discussion. Une manière de souligner qu’il se place du côté des constructifs, à l’instar de ces députés de droite qui veulent éviter l’écueil d’une opposition systématique. Son discours fait d’ailleurs écho aux propos déjà entendus chez les modérés des Républicains dans l’hémicycle du Palais Bourbon. « Chaque fois que nous aurons le sentiment que les choses iront dans le bon sens, nous soutiendrons le gouvernement. » Mais il a déjà prévenu ses collègues du Sénat qu’il y aurait une ligne rouge à ne pas franchir : « Je ne me laisserai pas imposer quoi que soit quand il s’agira de défendre les communes. » Dont acte.