Un de ces fameux moulins à huile traditionnels (© 123RF)
En terme de séduction, Oia, la perle des Cyclades, en connaît un rayon ! Difficile de rester de marbre devant ses décors de carte postale et ses panoramas à couper le souffle. Un véritable balcon sur la mer Egée et ses couchers de soleil somptueux, où le blanc des maisons scintille dans un océan de bleu.
OIA SANTORIN (© 123RF)

Bleu : le premier mot qui vient à l’esprit en débarquant à Oia (© 123RF)

Bleu : c’est le premier mot qui vient à l’esprit en débarquant à Oia (prononcer Ya). Entre le ciel, la mer Egée et les coupoles de ses églises orthodoxes richement décorées, le festin est permanent et la lumière aux avant-postes.

La deuxième ville de Santorin – après la capitale Fira, située à une dizaine de kilomètres de là – n’en finit pas de fasciner avec ses vues à couper le souffle. La perle des Cyclades donne toute la mesure de sa beauté une fois parvenu au sommet, après avoir gravi des centaines de marche à pied ou à dos d’âne. Sur cette île en forme de croissant, Oia fait un peu figure de dessert. Quand la nuit est aux portes de l’archipel, les amoureux se pressent pour admirer ses fameux couchers de soleil, avec pour napper tout ce romantisme la mythique Caldeira, créée par l’éruption d’un volcan (lire autre texte).

On a presque tout dit sur cette localité perchée sur un rocher autrefois prospère, à l’époque (fin 19e, début 20e siècle) où de nombreux navires de commerce y transitaient. Le musée naval offre d’ailleurs un aperçu de cette époque dorée qui a laissé des traces dans l’architecture locale. Aujourd’hui, d’autres bateaux ont pris le relais, déversant un flot ininterrompu de touristes durant la saison touristique, synonyme de mer agitée. Mieux vaut être prévenu. Sur place, les petites boutiques et hôtels ne manquent pas pour satisfaire la demande. Idem pour la restauration, qui fait honneur à la réputation de la cuisine grecque, une des plus anciennes d’Europe, classée au patrimoine mondial immatériel de l’Humanité en 2010. Le tout arrosé d’un vin local issu des vignes rustiques de l’ancienne Théra.

Fortement endommagée par un tremblement de terre en 1956, Oia a retrouvé fière allure, même s’il subsiste ici et là quelques ruines témoignant de cet épisode. Inutile de dire que les amateurs de photo s’en donnent à cœur joie dans ce petit paradis situé sur la pointe nord de l’île, au-dessus du port d’Ammoudi (le 3e de l’île), niché au pied de la falaise, dont les quais deviennent d’agréables tables pour les férus de poissons et de fruits de mer. Les clichés immortalisent toujours cette ambiance de grand bleu qui imprègne le décor et badigeonne les pensées. Les ruelles blanches et les maisons peintes à la chaux sont autant de stéréotypes qui débordent de la carte postale pour coloniser l’imaginaire.

Il faut déambuler dans ces sillons étroits pour faire connaissance avec les églises orthodoxes multicolores, déjà citées, ou encore arpenter les rues du centre, recouvertes de marbre. La balade est aussi l’occasion de découvrir les maisons troglodytes suspendues dans le vide, utilisées jadis par les marins, ou encore ces fameux moulins à huile traditionnels aujourd’hui transformés en bars ou en habitations.

Les amateurs de marche pourront s’offrir quelques heures de balade en empruntant le sentier qui relie Oia à la capitale Fira (comptez un bon trois heures). Une autre belle façon de savourer la magie permanente. Cette sortie d’une dizaine de kilomètres vous fera vite oublier l’effort, avec ses paysages de rêve et ses vues saisissantes. Pour le réconfort, on vous suggère de réserver une table au restaurant Pelekanos. Sa terrasse, située sur le toit d’une maison, offre une vue imprenable sur Oia et la Caldeira, sans oublier ces fameux crépuscules qui rivalisent de beauté et donnent au moment présent ses lettres de noblesse.


LA POMPÉI DES CYCLADES

Fresque d'Akrotiri (© DR)Oia n’est pas le seule pôle d’attraction de l’archipel de Santorin. Un autre trésor mérite le coup d’œil, dans le sud de l’île : le site archéologique d’Akrotiri. Ce dernier abrite les vestiges d’une ville minoenne fondée au 9e siècle avant Jésus-Christ, qui fut habitée jusqu’à la période byzantine.

Les premiers traces de cette civilisation antique ont été découvertes lors de l’ouverture d’une carrière en 1860, à l’occasion des travaux du canal de Suez. Mais ce n’est qu’en 1967 que les fouilles commenceront pour de bon. Ce site remarquable, surnommé le « Pompéi de l’âge de bronze », a, comme l’illustre cité italienne, ou encore Herculanum, été enseveli sous une épaisse couche de cendres après l’éruption apocalyptique d’un volcan au 17e siècle avant notre ère.

Cette matière volcanique, qui a agi comme un sarcophage en quelque sorte, explique l’état de conservation exceptionnel des bâtiments (dont des maisons de plusieurs étages) et de leur contenu. Une grande quantité de fresques ayant conservé leurs couleurs d’origine ont aussi été retrouvées. Certaines de ses œuvres impressionnantes ont été transportées au musée préhistorique de Théra, situé à Fira, qui abrite également des vases et des jarres datant de cette période.

Contrairement à Pompéi, aucun corps ou squelette n’a été découvert pendant les recherches entreprises dans ce secteur, ce qui laisse supposer que les habitants ont abandonné leurs habitations avant la catastrophe, précédée de plusieurs tremblements de terre.Le Moulin à huile traditionnel (© 123 RF)