Dans le monde des perceurs de coffre et des vagabonds, Jack Black était un seigneur. Un « Johnson » comme on les nommait dans le milieu au tournant du XXe siècle : un homme d’honneur, fidèle et mesuré. Le présent ouvrage constitue ses mémoires. Il y conte comment il a rejoint l’autre société, celle de ceux qui ne veulent pas trimer pour vivre et n’ont rien à faire d’une maison et d’un lit douillet.

Dans un style sans fioritures mais évocateur, sensible et non dépourvu d’élégance, Jack Black nous emmène bouffer la poussière de toutes les routes étasuniennes, transpirer des heures planqué dans une arrière-boutique, nous réchauffer à la chaleur d’un campement de « hobos » ou d’une fumerie d’opium. A ses côtés, on s’enivre de la liberté de cette vie à la marge, jusqu’à son incarcération dans un pénitencier hostile et brutal.

Le récit d’aventures se transforme alors en manifeste pour les droits des prisonniers, cause dont Jack Black se fera un ardent défenseur, notamment après sa reconversion dans le journalisme. Les éditions M.Toussaint Louverture, infatigable dénicheur de pépites littéraires puissantes et singulières, nous séduisent instantanément avec ces confessions d’un noble criminel.