(© Joao Messias)
La soirée du 20 novembre revêtira un parfum particulier à la Philharmonie Luxembourg. Et pour cause puisque Leopold Hager, qui fut le directeur musical de son orchestre pendant 15 ans, va reprendre du service sous les auspices de Bruckner et Schumann, accompagné entre autres du violoncelliste Johannes Moser. 

Comme on se retrouve ! Dire que la soirée du 20 novembre, dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg, sera particulière est un euphémisme. Car l’homme qui prendra place devant les musiciens est un visage bien connu de l’institution grand-ducale. Il a même œuvré pendant 15 ans à la tête de l’Orchestre Symphonique de Radio Luxembourg, puisque c’est comme cela qu’il fallait l’appeler jusqu’en 1996, année qui coïncide avec le départ de l’Autrichien, mais aussi la scission de l’ensemble avec RTL, pour renaître sous sa forme actuelle, l’OPL (Orchestre Philharmonique du Luxembourg).Des retrouvailles sur fond de 82ème anniversaire de l’orchestre luxembourgeoisNatif de Salzbourg, Leopold Hager est considéré comme un pionnier de l’interprétation de Mozart. Ce fin connaisseur de la musique instrumentale, en particulier du 18e siècle, a vu sa carrière décoller dans les années soixante-dix. Il prend notamment les rênes de l’orchestre de sa ville natale, le Mozarteum, et se fait un nom à l’étranger en dirigeant par exemple Les Noces de Figaro au Met de New York, en 1976, et deux ans plus tard au Royal Opera House de Covent Garden à Londres. Sa grande expérience le conduira à mener de grands ensembles en Europe et aux États-Unis, aussi bien dans le domaine de l’opéra que de la musique. Son CV ne se limite pas à la direction d’orchestre, le Salzbourgeois ayant aussi œuvré devant des parterres d’étudiants, lui qui fut professeur de direction d’orchestre à l’Université de musique de Vienne. Pour son retour sur les bords de l’Alzette, l’éminent invité s’attaquera à la Sixième de Bruckner et au Concerto pour violoncelle de Schumann (lire autre texte). Il retrouvera pour l’occasion une partie des musiciens en poste à l’époque de son expérience luxembourgeoise, dont le violoniste et Konzertmeister Philippe Koch. 

Le talentueux Johannes Moser sera aussi de la partie. Le violoncelliste germano-canadien, réputé pour la richesse et la beauté de son timbre, s’est fait remarquer en 2010, lors du Concerto pour violoncelle de Chostakovitch. En 2002, ce musicien doté d’une large palette a obtenu le Second prix (le premier n’avait pas été décerné) du Concours international Tchaïkovsky, un des plus prestigieux en musique classique. Fils du violoncelliste Kai Moser et de la soprano Edith Wiens, il a fait l’objet d’un reportage sur Arte, diffusé en 2013, dans le cadre d’une série documentaire consacrée aux jeunes musiciens qui sortent des sentiers battus.
Les absents à cette soirée pourront toujours se consoler en écoutant l’émission Soirée philharmonique du 25 décembre, sur les ondes de Radio 100,7, puisque ces retrouvailles sur fond de 82ème anniversaire de l’orchestre luxembourgeois seront enregistrées. 

Le vendredi 20 novembre à 20h
dans le Grand Auditorium de la Philharmonie Luxembourg
www.philharmonie.lu


AU PROGRAMME

Johannes_Moser-(photo_Sarah_Wijzenbeek)

Le violoncelliste Johannes Moser sera présent parmi les musiciens (© Sarah Wijzenbeek)

La soirée du 20 novembre sera l’occasion d’entendre la Symphonie nº6 d’Anton Bruckner, que l’Autrichien appelait “la petite effrontée“. Achevée en 1881 et jamais retouchée par son créateur, cette œuvre se distingue par « sa fraîcheur, sa beauté contemplative et souriante, mais aussi ses montées lyriques et chaleureuses ». Certains la surnomment également la “Cendrillon des symphonies“, car elle est peu connue et rarement reprise en concert. Celui proposé par la Philharmonie Luxembourg sera donc une occasion à ne pas manquer !
Le Concerto pour violoncelle de Robert Schumann a, quant à lui, vu le jour en 1850. On considère cette pièce comme incontournable du répertoire du violoncelle romantique. À l’époque, le compositeur allemand dirige le Conservatoire municipal de Düsseldorf. En pleine frénésie créative, il donnera naissance à quelques œuvres de premier plan, comme la Symphonie “Rhénane“, la Quatrième Symphonie, Le Pèlerinage de la rose, ou encore le Concerto pour violon.