Cultivant son goût pour l’humain sans cannibaliser les esprits, Vianney Huguenot, chroniqueur dans nos pages avec ses Portraits refaits, ne fait pas que passer par la Lorraine. Il l’explore, par les bistrots, les chemins détournés, les coins insolites, trimbalant sa prose dans les médias et à travers quelques ouvrages.
Vianney-Huguenot (© Mensuel L'Estrade)

Vianney Huguenot au bar El Theatris à Metz(© Mensuel L’Estrade)

Natif de Nancy, Vosgien de cœur et Messin d’adoption, Vianney Huguenot n’a plus qu’à parcourir les vastes espaces meusiens pour être un Lorrain accompli. Sur le mur de son bureau, une carte de la région où sont punaisées les destinations explorées ou à découvrir pour sa chronique matinale quotidienne sur France Bleu. Amoureux des bistrots, hauts lieux de sociabilité et sources incontournables de renseignements (un tuyau refilé par Gérard Charton, rédac’chef lors de ses débuts à l’Est républicain), il se laisse porter par le hasard dans une contrée messine qu’il découvre, un an et demi après avoir quitté Saint-Dié-des-Vosges. « Rencontres de Lorrains sur France Bleu, c’est du journalisme gonzo, sans filtre » définit-il, en référence au style brut et subjectif, préférant les coulisses au devant de la scène, pratiqué notamment par le journaliste Antoine Blondin, qu’apprécie Vianney Huguenot. « J’ai une totale liberté dans ces chroniques, c’est finalement le plus important pour moi dans ce tout ce que je fais. J’aime travailler en confiance ».

« Je ne fais rien qui ne m’amuse pas »

Le contact est simple et naturel, son plaisir d’échanger visiblement authentique : le vrai « goût des autres », en somme. Vianney Huguenot fut tour-à-tour journaliste, directeur de cabinet en Auvergne, puis auprès de Christian Pierret, directeur de la communication à Saint-Dié-des-Vosges pendant cinq ans, et aux côtés de Jack Lang durant sa campagne législative de 2012 dans les Vosges. « Ce fut l’une de mes plus belles périodes », explique-t-il en évoquant les huit mois passés comme attaché de presse de l’ex-ministre, sur lesquels il revient dans son livre Jack Lang, dernière campagne, éloge de la politique joyeuse. « Jack Lang est quelqu’un qui n’est pas formaté et qui ne s’interdit rien. Je pense que c’est le mec des années Mitterrand qui restera dans les esprits, avec Badinter ». Rien que ça.

Auteur, chroniqueur, conseiller en communication et enseignant, il retrouve aujourd’hui à Metz la totale indépendance qu’il affectionne. « Je dis toujours à mes étudiants d’écouter deux fois plus qu’ils ne parlent. Il faut revenir à la simplicité dans la communication, et au travail de terrain dans les rédactions ». Il cultive toujours son goût pour l’écriture (voir encadré), son « oxygène », prenant le temps de se perdre, pour venir, par la plume et sur les ondes, nous présenter son rapport à la région et aux gens qui la peuplent. « Je ne fais rien qui ne m’amuse pas » prévient-il. Prendre du plaisir : le dénominateur commun de la carrière multiple de Vianney Huguenot. Une qualification qu’il nous donne envie d’ajouter à notre propre CV.


Sorti des bois

Après ses fameuses chroniques de bistrot Par le cul de la bouteille, Vianney Huguenot continue à observer ce qui l’entoure par le petit bout de la lorgnette. Promeneur invétéré, il ramène toujours de sa cueillette quelques anecdotes savoureuses, « même si je ne sais pas ce que je vais trouver en partant » dit-il. Actuellement, il prépare la sortie de l’ouvrage Les Vosges comme vous ne les avez jamais vues à paraître chez Vent d’Est, qui rassemble certains de ses textes publiés dans Vosges Matin ou entendues sur les ondes de France Bleu, agrémentés d’inédits où il revient notamment sur des visiteurs méconnus du département, tels que Walt Disney à Neufchâteau pendant la Première guerre mondiale, ou Édith Piaf à Saint-Dié-des-Vosges. « Il y a une vraie envie de valoriser le territoire à travers ce travail » explique l’auteur. Parmi les morceaux de bravoure à découvrir, Le cri du ramasse-miettes entendu lors d’une escapade à Rambervillers…